Grôber, art. cité, p
3. J. Jung, art. cité, p. 31-2. Cf. G. Tomassetti, art. cité de YArchivio délia Società romans, t. V (1882, p. 134-5).
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(xiu* siècle), la Historia del naacimento d'Orlando (commencement du xm e siècle), les Reali di Francia l (commencement du XV e ), et aussi un petit poème d'Uhland 2 . M. Pio Rajnaa excellemment étudié cette légende ; qu'il suffise d'en rappeler ici les traits essentiels.
C'est dans un bois voisin de Sutri que nous avons laissé Berthe et Milon, et Roland, leur petit enfant. Milon vit du métier de bûcheron, et les fugitifs, peu à peu enhardis, se sont risqués à envoyer Roland aux écoles de la ville: il revient le soir à la caverne où vivent son père et sa mère. Les enfants de Sutri, avec lesquels il joue par les rues/le tiennent pour leur « capitaine ». Aussi, au jour où Gharlemagne convoque à sa cour les bourgeois de Sutri, le capitaine des enfants décide d y aller, lui aussi, et de s'asseoir à la table de l'empereur ; mais, comme il est en haillons, les enfants, qui le voudraient mieux vêtu et qui n'ont pas d'argent pour lui acheter des habits, déchirent les leurs, en rassemblent les lambeaux et en parent Roland 3 . En cet accoutrement bigarré, il s'assied, malgré les sergents, à la table de Charlemagne, mange et boit largement, mais met en réserve de la chair et du pain. « Pour qui ? lui demande l'empereur. — C'est pour mon père et pour ma mère » ; puis, emportant son butin, et vainement suivi par les hommes de Charles, il fuit jusqu'à la caverne, où Milon et Berthe s'effraient
i. Pio Rajna, I Reali di Francia, p. 253 ss.
2. G. Paris a traduit le poème d'Uhland à la p. 410 de Y Histoire poétique de Charlemagne.
3. Telle devait être primitivement la marche de cet épisode, diversement altéré dans les récits que nous avons. Voyez P. Rajna, l. laud.
de l'aventure. Ils s'efforcent le lendemain de retenir leur enfant ; mais il leur échappe, s'assied de nouveau à la table royale, et les barons s'émerveillent de sa beauté et de sa fierté :
Un lion semble o un dragon marin.
Comme la veille, il s esquive, emportant des vivres; il dépiste ceux qui le poursuivent et rejoint ses parents. On devine la fin et comment, le troisième jour, Chartemagne reconnaît les exilés et leur pardonne pour l'amour de leur enfant, qui sera, dit-il, « le faucon de la chrétienté ».
L'os/ se remet en route vers la France :
Davanl Karlon por le çamin feré Vait Roland sor lî palafro feltré.
On montre encore à Sutri une grotte naturelle qu'on appelle la Grotta d'Orlando*. Aux environs, sur la route de Sutri à Vetralla, une chênaie conserve le nom de Roland 2 ; on voit aussi à Sutri les ruines du palais où Charlemagne vit pour la première fois son neveu 3 .
Pourquoi cette légende est-elle localisée à Sutri ? « C'est, peut-être, écrivait en 1872 M. Pio Rajna, qu'une tradition populaire s'était formée là, Dieu sait comment 4 . Depuis, M. Pio Rajna a ravi à Dieu son
1. D'Ancona, Tradizioni carolingie in Italia {AUi délia Accademia dei Lincei, 1889, p.' 421 ; tradition rapportée d'après un ouvrage que je n'ai pu me procurer : Castellano, Stato pontifico, p. 257).