‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 86 sur 161 · Rajna, I Reali di Francia, p · texte numérisé non relu

Rajna, I Reali di Francia, p

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secret, grâce à cette simple remarque que Sutri était une étape du pèlerinage de Rome 1 .

Par là, par le fait que Sutri était, selon l'expression d'un historien de la campagne romaine, l&stazione principalissima délia via Cassia 2 , s'expliquent les mentions fréquentes de ce bourg dans les chansons de geste ; par là, comme l'a dit M. Rajna en une étude mémorable, s'explique aussi cette inscription de Nepi (à 10 kilomètres de Sutri), où, dès Tan 1131, les chevaliers et les consuls de Nepi, se liant par un serment, emploient cette formule d'exécration : turpissimam sustineat mortem, ut Galelonem qui suos Iradidit socios 3 .

Ces deux poèmes carolingiens, Berta eMilonc, Orlandino, que nous venons de rencontrer sur la route des pèlerins, sont écrits comme tant d autres, en ce jargon hybride que Ton appelle le « franco-italien ». Cet idiome bizarre, qui jamais ne fut parlé nulle part, comment^ s'en expliquer la formation ? 11 suppose, au jugement de plusieurs critiques 4 , que la connaissance du français était largement répandue dans l'Italie du xin e siècle, du moins dans les hautes classes de la société. Mais cette opinion ne semble pas fondée : c'est bien au bas peuple que ces poèmes s'adressaient surtout 5 . Un texte pré-

4. C'est le sujet de son bel article intitulé Un'Ucrizione nepesina.

2. Tomassetti, art. cité, p. 637. On y trouvera réunis de nombreux renseignements sur l'importance de Sutri au moyen âge.

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