‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 88 sur 161 · Ed. C. Hofmann, v. 2475 ss · texte numérisé non relu

Ed. C. Hofmann, v. 2475 ss

J. Bbdikr. — Les légendes épiques, t- II. 15

nom imaginaire : de nombreux textes témoignent que de leur temps on désignait réellement sous ce nom la belle colline qui s'élève au nord-ouest de Rome, sur la rive droite du Tibre, en face du Champ de Mars 1 . Les anciens Romains l'appelaient Clivus Cinnae, et les chroniqueurs du moyen âge de ces trois noms : Morts Malus [Monte Malo), Morts Marius (Monte Mario) , Morts Gaudii (Montjoie). De cette hauteur, dit le poète d'Ami etAmile, Ami et ses compagnons

De Rome virent les murs et les pilers.

Martial avait dit de cette même colline, en termes analogues :

Hic septem dominos videres montes Et totam licet a es ti mare Romam 2 .

C'est de là que les voyageurs apercevaient d'abord la ville de saint Pierre. Quand Charlemagne vint à Rome pour la première fois, en 773, il descendit de cheval au sommet du Monte Malo et continua sa route à pied, et dans la suite bien des empereurs et des rois iirent par le penchant de cette colline leur entrée solennelle dans Rome.

Ainsi Frédéric 1, au témoignage d'Otto de Freisingen et de Gunther :

Jamque per oppositi Princeps declivia montis Adveniens,claram quam nondum viderat urbem

1. Voyez les textes réunis par Du Cange dans son glossaire au mot Mon» Gaudii et dans sa XI* dissertation sur l'histoire de saint Louis, Du cry d'armes (Glossarium, éd. Didot, t. VII, p. 46). Cf. Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom im Mittelatter, livre VI, chap. V, note 29 (éd. italienne, t. H, p. 26).

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