‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 89 sur 161 · Ëpigramme IV · texte numérisé non relu

Ëpigramme IV

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Aspicit; huic populi festivum Gaudia nomen 4 Imposuere loco : siquidem qui moenia clara Illa parte petunt, ex illo vertice primum Urbem conspiciunt, et te, sacra Roma, salutant*.

Si le nom de Montjoie désignait au moyen âge une colline de Rome, il s'appliquait en France, dans le même temps, à beaucoup d'autres collines : cinq communes de France 3 , sans compter de nombreux lieux dits, s'appellent encore Montjoie. C'est un terme générique, qui, semble-t-il, désignait proprement une éminence d'où Ton découvre un certain point de vue, et propre à servir de poste d'observation :

Il vindrent a la monjoie Du chastel ou celé manoit À .

Tant ont erré qu'à la monjoie Vindrent de Toul en Loheraine 5 .

Puis, par extension, Montjoie s'est dit, au propre et au figuré, d'une éminence quelconque, d'un monticule, d'un tas, d'un monceau : une monjoie sur les chemins pour adresser les chemineaux, — une monjoie de fagots, — de corps morts, — cestoit monjoie de doulours.

D'autre part, comme chacun sait, le cri d'armes des

1. Rex, castra movens, armatus cum suis per declivium Montis Gaudii descendons, ea porta quam Auream vocant, Leoninam urbem, in qua b. Pétri ecclesia sita noscitur, intravit (cité par Du Cange).

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