‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 119 sur 152 · A Saint Gille, dans le ms. de Londres et le ms. 24369 de · texte numérisé non relu

A Saint Gille, dans le ms. de Londres et le ms. 24369 de

Dans Aliscans, Guillaume, après avoir vengé Vivien, retrouve son corps « sor l'estanc », près de l'arbre où il est mort :

7367 Li quens Ta fait en deus escuz serrer, Et desoz l'arbre bêlement enterrer ;

mais le manuscrit de Berne ajoute :

A un evesque fist la messe canter ; Dessus le cors fist un mostier fonder : Saint Onouré en fu li mestre auter.

Et ces vers d'Aymeri de Narbonne indiquent la connaissance d'une sépulture de Vivien vénérée au temps du poète :

4543 En Aleschans Guillelmes Tenfoi' :

Encore i gist il ores.

Ces indications sont-elles des interpolations récentes ? ou, au contraire, sont-elles Jes derniers vestiges de traits locaux jadis plus nombreux, qui ont été effacés dans les remaniements, lorsque nos chansons eurent vagabondé par toutes les provinces ? En l'état de nos connaissances, nous n'avons nul moyen de choisir entre l'une et l'autre opinion. Mais il n'importe pas ici de choisir. Ce qui est sûr, en toute hypothèse, c'est que,

la Bibliothèque nationale ( Weeks, art. cité, p. 258). C'est la même route, comme on sait. — Le manuscrit de Berne (éd. Terracher), p. 191, décrit la nécropole des Aliscamps.

primitifs ou non, ces traits locaux se lisent dans des chansons de geste de la seconde moitié du xne siècle et du début du xme siècle.

d) Vers 1190. Guide Bazoche. — En deux passages, Gui de Bazoche, parlant des Aliscamps d'Arles, les appelle « qui sunt et dicuntui* aridi campi » ou « campi aridi a sterilitate. vel Elisii dicti '». C'est une étymologie dWrchamp et elle prouve que Gui de Bazoche connaissait la nécropole d'Arles sous le double nom d'Archamp et d' Aliscamps. »

e) Premières années du xme siècle. Michel de Mouriez. — Dans la lettre citée ci-dessus, où il quête pour la restauration de l'église Saint-Honorat des Aliscamps, l'archevêque Michel de Mouriez écrit : « Cette église a un cimetière spacieux, dans lequel reposent en nombre infini les corps de ceux qui, sous saint Charlemagne, sous saint Guillaume et sous Vivien, son neveu, ayant soutenu leur combat triomphal, ont gagné, pour avoir versé leur sang, la couronne des martyrs 2. »

f) Vers 1210. Le Willehalm de Wolfram d'Eschenbach. — Wolfram, qui n'eut d'autre modèle que la chanson ftAliscans, telle que nous l'avons, y ajoute pourtant certains traits qui supposent une

1. Voyez l'indication de ces textes dans l'article de M. Weeks, p. 263-4, et ses excellentes remarques à leur égard.

2. « Qui sub beato Karolo et heato Willelmoet Viziano, nepote ejus, triumphali agone peracto, proprio sunt sanguine laureali. » Voyez [art. cité, p. 260-262 le commentaire de M. Weeks, qui a eu le mérite de signaler, le premier je crois, la lettre de Michel -de Mouriez aux critiques littéraires.

LA VIA TOLOSANA

autre origine 1 ; à l'en croire, aussitôt après la défaite de Guillaume, tous les corps des chrétiens tués furent déposés dans des cercueils qui n'étaient pas faits de la main des hommes ; ils furent bénis par les anges et enterrés dans le cimetière d'Aliscans. « L'enchanteur Jésus, dit un Sarrasin (457, 15), a taillé ces tombeaux », et c'est dans cette plaine semée de sépulcres miraculeux que Guillaume livre la bataille où il venge Vivien. Si on compare ces fictions, qui ne se trouvent pas dans Aliscans, aux divers témoignages ici groupés, par exemple à la lettre de Michel de Mouriez, on voit que Wolfram d'Eschenbach, directement ou indirectement, les tenait de pèlerins de Saint-Gilles.

g) Entre 1211 et 1214. Otia imperialia de Gervais de Tilbury 2. — En un passage où il décrit le cimetière d'Arles et les légendes ecclésiastiques qui y sont attachées3, Gervais de Tilbury dit que d'innombrables héros sont enterrés là, et parmi eux deux héros narbonnais, Vivien et le comte Bertrand4.

h) Vers 1230. Histoire des Arabes de Rodrigue Ximenes, archevêque de Tolède "1. — Il dit qu'Abder-

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