Éd. Karl Lachmann, 259, 5; 357, 15 ; 430, 20, etc
2. Scriptores rerum Brunsvicensium, éd. Leibnitz, t. I, p. 990.
3. La consécration par les sept évêques, l'apparition de Jésus- Christ, le miracle du Rhône.
4. Ad coemeteriurn Campi Elisii defcrehantur, ubi Vivianus (éd. Jovianus) et cornes Bertramus et Aistulphus et innumeri proceres requiescunt .
5. Schott, Hispania illustrata, t. Il (1603), p. 170 : Abderramen... Rhodanum etiam dissulcavit ; veriim cum Arelatum in
ramen a remporté une grande victoire devant Arles, qne le Rhône a caché les corps des chrétiens, que la terre les a reçus par miracle, et qu'on voit encore leurs tombeaux dans le cimetière d'Arles. Ici, comme il a fait ailleurs pour les chansons de Roland et de Mainety ce clerc espagnol, élevé aux écoles de Paris, a combiné les récits des chroniques latines et les récits des chansons de geste.
i) Première moitié du xme siècle. Vie de saint Honorât*. — Cette Fie est l'œuvre des moines de l'abbaye de Lérins, dont Honorât fut le fondateur. Nous connaissons la vie authentique de ce saint par son oraison funèbre que prononça, au jour anniversaire de sa mort, son disciple et successeur, Hilaire 2. Ce que nous savons de lui, c'est que, né en Gaule et païen de naissance, il se convertit au christianisme avec son frère Venan-
multitudine exercitus obsedisset, inferiores fortunae Galli sunt inventi; ... quorum cadavera Rodanus occultavit et terra suscipiens revelavit ; sed eteorum tumuli adhuc hodie in Arelatensi coemeterio ostenduntur ».
1. Publiée par M. P. Meyer, Romania, t. VIII (1879), p. 481- 508. Cette vie a été mise en vers provençaux par Ramon Féraut, moine du monastère de Lérins et prieur de La Roque-Estéron, en Lan 1300. Son élégant poème a été publié par A. -L. Sardou, La Vida de sant Honorât, Nice, 1873 (Publications delà Société des sciences et arts des Alpes-Maritimes). Voyez, pour tous renseignements bibliographiques sur saint Honorât et sur sa légende, la Ribliotheca hagiographica latina des Bollandistes, t. I (1898), p. 592, et la Gallia christiana novissima, publiée par Albanès et Ulysse Chevalier, Valence, 1900, col. 25-29.
2. Acta Sanctorum des Bollandistes, t. II de janvier (16 janvier), p. 379.
LA VIA TOLOSANA
tius ; qu'il mena d'abord la vie érémitique sur une hauteur del'Estérel; qu'il fonda, vers l'an 406 ou l'an il 0, un monastère dans la plus petite des îles de Lérins, qu'il devint archevêque d'Arles en 426 et qu'il mourut à Arles en 429. Il fut enseveli aux Aliscamps d'Arles, dans une église qui fut mise sous son vocable, et son corps ne fut transféré à Lérins qu'à la fin du xive siècle (1394).
Au xme siècle, les moines de Lérins substituèrent à ces actes authentiques un singulier roman, « farci de chansons de geste de la seconde époque 1 » . Hardiment, ils rajeunirent leur saint de trois siècles et demi, et le présentèrent comme un contemporain de Charlemagne, Hongrois de naissance, fils du roi païen Andrioc et d'une Sarrasine d'Espagne, sœur des rois de chansons de geste Marsile et Agolant. Ce Hongrois, s'étant converti au christianisme, s'était établi avec quelques compagnons dans un ermitage, à Largentière (entre Barcelonnette et Goni). Un jour, saint Jacques lui apparut et lui ordonna d'aller visiter son tombeau. A Compostelle, l'apôtre lui apprend que Pépin et son fils Charles ont été vaincus par le roi Agolant. Charles est prisonnier des païens à Tolède ; il faut qu'Honorât le délivre. Honorât, déguisé en Sarrasin, va donc à Tolède où il se trouve que la fille du roi est possédée du démon. Il la guérit par une aspersion d'eau bénite; en récompense, il obtient la liberté de Charlemagne. De ce jour, Charlemagne et Honorât ne cessent de se combler de bienfaits réciproques. Charlemagne et ses
t. P. Meyer, Romania, t. V (1876), p. 503.
pairs combattent par l'épée, en Provence et en Catalogne ; de loin, Honorât combat pour eux par ses prières et ses exorcismes ; et c'est lui qui, par sa puissance de thaumaturge, détruit les armées des païens et renverse leurs murailles. En échange, Charlemagne enrichit le monastère de Lérins.
En ces folles histoires, Vivien (Vezianus) est introduit de la façon que voici. Un jour, comme Charlemagne traversait les Alpes pour recevoir à Rome la couronne impériale, il s'arrêta au col de Largentière et y visita Termite Honorât. « Un des guerriers de son armée, nommé Vezian, ne pouvant supporter plus avant les fatigues du voyage, et gravement malade, resta dans l'ermitage (apud Argen), sous la garde d'Honorat, et tous deux se lièrent d'une amitié si tendre que Charles, revenant peu après d'Italie, eut peine à séparer Vezian de la compagnie du saint homme. Charlemagne marchait alors contre les Sarrasins ; il commença par mettre le siège devant Arles. Là, Vezian fut tué en trahison1 avec ses compagnons par le prince païen de La Trape 2.
Charlemagne venge sa mort, et le niais récit se prolonge par des fictions d'une égale niaiserie3. Honorât,
1. Le traducteur provençal, Ramon Féraut, précise (éd. Sardou, p. 45) en disant que ce fut en Aliscamps.