Seule la Kaiserchronik fait exception
LA VIA TOLOSANA
daient l'église Saint-Honorat des Aliscamps !, y gardaient le tombeau de ce Vivien.
Qu'était-il à l'origine? le héros tout local d'une petite geste arlésienne, isolée et indépendante, qui aurait été annexée sur le tard à la geste narbonnaise ? Plusieurs critiques le croient : un jongleur français, passant par Arles en pèlerin, comme tant d'autres, aura vu son tombeau, recueilli sa légende qui végétait obscurément sur place ; il l'aura transportée au Nord de la France et lui aura fait un sort. Simple cas fortuit, comme on voit, et si ce jongleur n'avait point passé par Arles, nous ne posséderions pas de poèmes français relatifs a Vivien. Je ferai seulement remarquer qu'on nous demande, par ailleurs et de même, de croire au passage, non moins fortuit, d'un autre jongleur à Gellone, d'un autre jongleur à Brioude, etc., et ce sont bien des cas fortuits.
D'autre part, je ne crois pas que les textes autorisent cette théorie. Ils indiquent plutôt, à mon sens, que Vivien fui de tout temps pour les poètes le neveu de Guillaume d'Orange et le petit-fils d'Aymeri de Narbonne 2. Il n'y a nulle raison de le croire à Arles un
1. Voyez [Gallia christiana novissima, col. 10) la lettre analysée ci-dessus de l'archevêque Michel de Mouriez : il dit que ses prédécesseurs ont attribué cette église {ut sancti sanctis obvenirent) aux moines de Saint- Victor. Sur un différend des moines de Saint- Victor avec les chanoines d'Arles (en 1141) au sujet de la propriété de cette église et de plusieurs autres, voyez ibidem, col. 210. Il résulte du jugement (défavorable aux moines) qui est transcrit à cette page, qu'ils occupaient Saint- Honorat d'Arles depuis l'an 1070.