‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 124 sur 152 · Saint-Gilles · texte numérisé non relu

Saint-Gilles

C'est saint Gilles ~, on se le rappelle, que Guillaume a pris à témoin de son serment de chasser les

1. Le corps de saint Trophime, qui avait jusque-là reposé dans leur église, n'a été transféré que le 29 décembre 1152 à l'intérieur de la ville d'Arles, dans l'église édifiée sous son vocable (voir la Gallia christiana novissima, col. 221).

2. Sur sa légende, voir l'introduction de G. Paris à son édition (en collaboration avec le Dr Bos) de la Vie de saint Gilles de Guillaume de Berneville (1881) ; sur l'importance du pèlerinage, voir Pio Rajna,dansle Giornale storico délia lettératura italiana, t. VI (1885), p. 116.

LA VIA TOLOSAN A -417

Sarrasins hors de la terre de Provence *. Dans le romance espagnol de Benalmenique 2, dérivé probablement d'une chanson de geste française, c'est « al puerto de sant Gil » que le comte Aymeri de Narbonne est fait prisonnier par les païens ; alors s'engage entre lui et la comtesse le dialogue héroïque où il lui défend de donner pour sa rançon fût-ce un maravédi ; c'est à la grâce de saint Gilles qu'elle le confie :

« Adios, adios, la condesa, Queya me mandan ir de aqui.

— Vayédes con Dios, el conde, Y con la gracia de sant Gil :

Dios os le eche en suerte A ese Roldan paladin. »

Dans Foucon de Candie, c'est saint Gilles de Provence que la sœur de Vivien requiert d' offrir à Dieu l'âme du héros :

515 « Vivien frère, raar lu vostre jovente I

Ja mès n'iert hom de graignor esciante ; La vostre morz me fait auques dolente. Sainz Giles, sire, qu'en requiert en Provence, Lame de lui nostre Seignor presante, Que ja ne soit en péril n'en tormente ! >>

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