‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 134 sur 152 · I. — Position de la question · texte numérisé non relu

I. — Position de la question

L'une des tâches de la critique i est de déterminer les rapports que soutiennent entre eux les poèmes conservés. Considérons à cet égard le groupe des quatre chansons relatives à Vivien : les Enfances Vivien, la Chevalerie Vivien, Aliscans, Foucon de Candie. Puisqu'elles racontent tour à tour les prouesses enfantines et l'adolescence du héros [Les Enfances), — ses exploits de jeune chevalier et le commencement de la bataille où il mourra (La Chevalerie Vivien), — sa mort (Aliscans), — et la vengeance prise de sa mort (Foucon de Candie), elles semblent former un seul roman en quatre parties, et, si elles sont l'œuvre de quatre poètes, il semble d'abord qu'ils se sont passé la plume de main en main 2, chaque continuateur commençant à l'endroit même où s'était interrompu son devancier immédiat.

Pourtant, si l'on compare de plus près la Chevalerie Vivien et Aliscans, on a des raisons de croire que la Chevalerie est un prologue composé sur le tard, après Aliscans et d'après Aliscans, par un jongleur qui exploitait, faute de mieux, le même texte d1 Aliscans que nous avons, et qui voulait remplacer un plus ancien poème

ï. Voyez ci-dessus, p. 313.

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