Cloetta, p
Cet auteur connaissait parmi les Narbonnais un Garin, sans doute Garin l'Almenois, Bavarois, gendre d'Aymeri de Narbonne et père de Vivien Il connaissait d'autre part un autre héros, étranger au cycle, Garin d'Anseûne. Illes « fondit »en un seul personnage, appliquant au Garin narbonnais le prédicat d1 Anseùne. Du même coup il fit de ce Garin d' Anseùne un septième fils d'Aymeri. Ce gendre d'Aymeri devenant son fils, la fille d'Aymeri, mère de Vivien, devint donc sa bru : c'est Uistace, fille de Naymes de Bavière. Pourquoi fille de Naymes? C'est sans doute parce que Garin l'Almenois était primitivement le fils de Naymes, et que les deux époux troquèrent à la fois leurs pères et leurs beaux-pères. Cette combinaison faite, il apparut au poète des Enfances Vivien « que la mort prématurée des parents de Vivien et son éducation dans la maison de Guillaume n'étaient pas des thèmes suffisamment aventureux; c'est pourquoi il inventa à leur place la captivité de Garin d'Anseûne, le dévouement de Vivien, sa délivrance et son éducation par une marchande de Pampelune, etc. » 2.
Enfin, au terme de la série, vint l'auteur de la Chevalerie Vivien 3. Il connaissait et exploitait à la fois les chansons cYAliscans, de Foucûn de Candie 5 et des Enfances. Il se trouvait donc en présence de deux versions : Vivien élevé tout enfant, parce qu'il est orphelin, par son oncle ; Vivien élevé par son père et se dévouant pour lui. Ces versions étaient contradictoires. Il les combina comme il put : il admit que Vivien était le fils de
1. Peut-être aussi, dit M. Cloetta, était-ce urxGuerin qui est nommé au v. 6 de Foucon de Candie.