Ce passage a échappé à M. Cloetta
i. Ce texte réduit à sa juste valeur la remarque de M. Cloetta que le manuscrit de Boulogne (C del'éd. Langlois) ne donne pas le vers 823 Frère Guarîn...). Il estbîenvrai.queCaà lui seul autant d'autorité
Quant à la chanson de la Prise d'Orange, elle connaît, elle aussi, Garin d'Anseiïne. Les Sarrasins somment Guillaume de leur rendre le château de Gloriette : « Je n'en ferai rien, répond-il :
i090 « N'en partirai nul jor de mon vivant, Ainz le savra rois Looys li frans, Bernarz mes frères, li chenuz et li blans, Et cFAnseune Garins li combatans... i >.
En deux autres passages analogues, le même Guillaume fait appel au secours qu'il désire de son frère dan Garin le poissant (v. 1330), dan Garin le proisié (v. 1576).
Cespassages, M. Gloetta les connaît et les cite2. Il s'agit pour lui de s'en débarrasser. Gomment faire ? C'est très simple. « En ces poèmes, écrit M. Cloetta, Garin ne figure que « dans des énumérations, où on peut biffer son nom sans autre forme de procès ». A la bonne heure. Et admirons ici les ressources d'une telle méthode, et comme elle brise à plaisir les rares instruments critiques dont nous disposions 3. Une combinaison de notre esprit veut-elle
que tous les manuscrits des familles A et B, qui ont ce vers. Mais le fait que le manuscrit 1448 (D), dont le témoignage vaut le sien, connaît aussi Garin d'Anseiïne, confirme l'authenticité du vers 823 : sans quoi il faudrait que deux interpolateurs eussent introduit sur le tard ce personnage, l'un dans la version AB, l'autre dans la version D du Couronnement.
1. A ce passage correspondent ces vers de la rédaction, encore inédite, du manuscrit 1448 (f° 104 b) :
Ainz lou savra Loeis a vis fier ;
Bernarz mes freires, qui est bons chevaliers,
Et dan Guarin d'Anseune li viez
Nos secorront de grés et volantiers.