‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 147 sur 152 · Gloetta, p · texte numérisé non relu

Gloetta, p

3. Par un procédé aussi légitime, je pourrais supposer que Garin

APPENDICE

que tel trait ne se trouve pas dans tel poème ? Nous y allons voir, et, par malheur, il s'y trouve. Qu'importe ? C'est que le texte est ici interpolé. Une autre combinaison de notre esprit veut-elle que tel trait se trouve dans tel poème ? Nous l'y cherchons et, par malheur, nous ne Py trouvons pas. Qu'importe ? C'est qu'ici il y auue lacune dans le texte. Méthode outrecuidante, méthode facile, mais dontla facilité même devrait dég-oûter ceux qui l'emploient. Ce devrait être pourtant un principe reconnu de tous que seule la critique interne d'un texte, si elle nous révèle quelque part une faute de grammaire, de logique, de versification, etc., nous donne ledroit d'y supposer une lacune ou une interpolation. Si le texte ne choque que nos théories, ce n'est pas lui qu'il faut modifier, ce sont nos théories. Sans quoi toutes les hypothèses sont ég-alement recevables.

La vérité est que Garin d'Anseûne fîg-ure au même titre que ses six frères et aussi fréquemment qu'Ernaut par exemple, ou que Bernart, ou qu'Aimer, dans les chansons du cycle, dans les anciennes comme dans les récentes * : Et rien ne permet de supposer qu'il soit parmi les Aymerides un tard-venu.

Rien non plus n'indique qu'il ait jamais été dans la poésie autre chose que l'un des Aymerides. S'il a plu à Jean Bodel dans les Saisnes d'employer comme fig-urant parmi les barons de Charlemag-ne un Garin d'Anseûne et de le faire tuer d'un coup de lance par quelque païen, ce n'est pas sig-ne que ce Garin d'Anseûne ait été à l'origine le héros

d'Anseûne avait été cité dans rénumération des Aymerides réunis à Laon parle poète d'Aliscans et qu'il y a seulement une lacune d'un ou deux vers dans notre texte à l'endroit où il devrait figurer.

1. 11 suffit de renvoyer à la précieuse Table des noms propres de M. E. Langlois.

d'une geste spéciale, indépendante des chansons narbonnaises. Jean Bodel a dû prendre le nom de ce comparse, au hasard de sa mémoire, dans l'une quelconque des chansons du cycle *.

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