‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 148 sur 152 · V. — Essai d'une autre explication · texte numérisé non relu

V. — Essai d'une autre explication

Dès lors, étant infiniment probable que Garin d'Anseûne a de tout temps été l'un des fils d'Aymeri, nous sommes conduits à nous représenter les rapports des quatre poèmes du groupe de Vivien tout autrement que se les représente M. Gloetta. Dans un poème primitif, Vivien était le fils d'une sœur de Guillaume 2 et d'un personnage dont le nom n'importe guère 3. Ce père et cette mère avaient-ils une histoire ? ou le conteur se bornait-il à dire, sans préciser autrement les circonstances, qu'ils étaient morts, laissant après eux Vivien et un autre fils, plus jeune de quelques années ' ? Nous l'ignorons. Toujours est-il que

1. Ce mode d'utilisation comme comparses de personnages empruntés à d'autres gestes est banal et chacun en retrouvera des exemples dans sa mémoire. Girard de Roussillon dans les poèmes dont il est le principal héros vit et meurt sous un roi qui est Charles Martel ou Charles le Chauve, mais non pas Charlemagne ; néanmoins l'auteur de Renaud de Montnuban l'utilise comme figurant parmi les compagnons de Charlemagne ; la Chanson de Roland fait mourir Girard à Roncevaux, ce qui n'empêche pas Bertrand de Bar-sur-Aube de lui donner un rôle au retour de Roncevaux, etc. Autre exemple : Bernard de Brabant figure, seul personnage du cycle d'Aymeri de Narbonne, dans la chanson d'Orsoîi de Beauvais (v. 3210) : ce n'est pas un indice qu'il ait jamais été le héros d une geste indépendante.

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