Réunis dans Guibert d'Andrenas, par exemple
4. Dans les Enfances Vivien, dans le Cnvenant Vivien, dans le Siège de Barbastre, par exemple.
race de proie et de sacrifice, de cette race élue, de la « fière geste que Dieus parama tant ». Avant même d'être en âge, ils s'échappent de la chambre où leurs maistres les tiennent enfermés, ils volent un cheval à l'étable, s'arment et courent rejoindre dans la bataille leurs ainés 1 : faire comme leurs aînés, ils n'ont d'autre désir, leur ressembler, ou, comme ils disent, j*etrairc au lignage 2.
Aussi les scènes les plus caractéristiques de nos romans sont celles qui groupent les membres du lignage, et entre toutes, celles qui les groupent sous le regard du vieux chef du clan, Aymeri : soit que, du haut des créneaux de Narbonne, il dénombre à Ermenjart les troupes que ses fils mènent à sa rescousse; soit qu'avant une bataille, les priant humblement de lui laisser l'honneur de frapper le premier coup, il leur adresse ces paroles fîères, pleines de bonhomie et de grandeur :
1. Guibert dans les Narbonnais, Gui (ou Guichardet) dans la Chanson de Guillaume et dans le Covenant Vivien.
2. La fille du roi Yon, dans les Narbonnais, dit, quand on lui offre Bovon pour mari :
1287 « S'avoir pooie un des filz Aymeri Et Dex donoit par la soe merci Que aucun oir poïsse avoir de li.
Il trairoit au linage »,
et Charlemagne dit a Guillaume, quand il l'arme chevalier Les Narbonnais, v. 3183) :
« Soies harcliz sor celé gent salvage, Si retreras a Aymeri le sage, Le segnor de Nerbone. »
LES RÉCITS : GROUPE d'aYMERI
« Vo pères sui, tenir me devez chier, Et si sui vieus, ici ne puis noier ; Pieç'a ne fui en fort estor plenier :
Tele heure vi que bien m'i soi aidier ! Sor Sarrazins me vueil hui essaier, Savoir se puis or mes armes baillier.
Un petit don a vous trestouz requier : Que sor paiens fiere le cop premier *. »
Quand, au moment de charger, il pousse son cri d'armes : « Narbonne ! » et qu'il entend derrière lui s'ébranler la troupe de ses fils et de ses petits-fils-, sans doute il se complaît en eux ; mais, à l'ordinaire, il n'en laisse rien paraître, gardant sa dureté apparente, les rudoyant comme de petits enfants et rudoyé par eux. Un jour 3, Guillaume revient d'un combat, sans prisonniers ni butin, et son père le nargue 4 :
« Sire Guillelmes, com esploitié avez?
Ou sont li Turc que vous nous amenez?
Se vous avez prison, si le rendez. »
Oit le Guillelmes, a poi n'est forsenez, Car il set bien que il Ta ramposné.
Et dit Guillelmes : « Il est bien vérité : Com plus vit hom et plus est assotez !