‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 57 sur 152 · Ouvr. cité, p. xvi · texte numérisé non relu

Ouvr. cité, p. xvi

poème, Guillaume Fièrebrace, luttant contre les Sarrasins devant Rome, délivre de leurs mains un roi chrétien, Guaifier. Or, en 871-873, les Sarrasins, sous la conduite d'un émir nommé Abd-Allah, assiégèrent Salerne. Le prince de cette ville, Guaifier, y soutint pendant trois ans un siège héroïque. Il en était réduit aux dernières extrémités, quand Louis II, empereur, et roi d'Italie, le délivra, aidé surtout d'un de ses neveux, nommé Gontier. L'émotion soulevée dans la chrétienté par ces événements provoqua des chants épiques qui, de remaniement en remaniement, aboutirent à la deuxième « branche » du Couronnement. Et M. Langlois reconstitue par induction deux ou trois des états du récit antérieurs à la version conservée

Troisième « branche ». — On y raconte comment Guillaume défendit le roi de France contre des rebelles, surtout Normands. Or Louis IV d'Outre-Mer (936- 954) soutint des luttes incessantes contre ses vassaux du Nord et trouva de l'appui chez ses vassaux du Midi ; l'un de ses défenseurs fut Guillaume Têted'Etoupe, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, qui dut le défendre surtout contre le duc de Normandie, Guillaume : de là les Normands du poème. Il est vrai que le poète nomme le père de l'usurpateur Richard, et c'est le duc Richard Ier (943- 996), qui est un personnage de la génération suivante; mais ici encore, on est en présence d'une tradition historique : en son enfance (en 943), Richard avait été

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