Léon Gautier, Les épopées françaises, t. IV. p
LE COURONNEMENT DE LOUIS
les rebelles n'osèrent lui tenir tête, décampèrent de nuit et se hâtèrent à la rencontre de leur allié, le roi saxon Oton, qui leur amenait une armée. Le roi Louis entra donc sans coup férir dans sa ville de Laon ; mais, craignant d'y être enfermé par les troupes ennemies, qui approchaient, il regagna la Bourgogne, et ici Flodoard nous apprend que Guillaume, comte de Poitiers, l'accompagna dans cette retraite : « Sicque cum Hugone Nigro et Wilhelmo Pictavensi Burgundiam repetit l. » Le roi allemand et ses alliés le poursuivirent à travers la Champagne et pénétrèrent en Bourgogne. « Hugues le Noir n'osa pas résister : il livra des otages et dut s'engager par serment à ne plus nuire à Hugues le Grand et à Herbert de Vermandois, qui s'étaient soumis à Otton. Ainsi, le roi de Germanie se présentait comme suzerain des deux plus grands feudataires du Nord de la France et intervenait pour leur assurer l'indépendance du roi carolingien. Satisfait du résultat obtenu, Otton se retira sans être inquiété. »
C'est la seule occasion où Guillaume de Poitiers ait aidé Louis IV dans une guerre. Deux ans plus tard, en 942, mais cette fois en des circonstances pacifiques, il rejoignit le roi à Rouen pour lui donner une marque publique de son loyalisme. C'est tout