‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 79 sur 152 · Romania, t. XXV, p · texte numérisé non relu

Romania, t. XXV, p

ment d'âge mûr : le temps même exigé par ses divers exploits ne permet pas de se le représenter comme jeune; plus tard, il devient un bachelier qui veut user sa jouvente (v. 2122, 2252, 2667) au service de l'empereur. »

— Cette difficulté est plus apparente que réelle. Le poète ne dit nulle part quel âge il attribue à Guillaume. Il le représente d'un bout à l'autre de l'action comme un homme jeune qui sert son seigneur dans l'attente d'un fief, et à ce titre il l'appelle un bachelier. L'action occupe neuf ou dix ans : en supposant que le poète ait donné vingt-cinq ans à son héros au début de l'action, son héros en aura trente-cinq à la fin, et le poète sera encore en droit de parler de sa jouvente.

Deuxième disparate. — « Le roi Louis, dit M. A. Jeanroy *, est représenté, dans l'épisode de la guerre contre Gui d'Allemagne, comme capable de porter les armes et de guerroyer aux côtés de Guillaume ; tandis que, dans les épisodes qui précèdent et qui suivent celui-là, il n'est qu'un enfant. »

— Louis a quinze ans au début du poème, lors de la scène du Couronnement. Quand on le retrouve, cinq ans après, tremblant de peur dans le moutier Saint- Martin, si le poète ne lui met pas l'épée à la main, ce n'est pas qu'il le considère comme tropjeune pour porteries armes ; c'est seulement qu'il leconsidère comme trop lâche ; et d'un bout à l'autre du récit, il lui conserve ce rôle de couard. La seule bizarrerie est à la

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