‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 91 sur 152 · Éd. Schultz-Gora, v · texte numérisé non relu

Éd. Schultz-Gora, v

2. L'embarras d'Andréa est visible, et les raisons naïves qu'il donne pour écarter ce récit témoignent assez qu'il n'en est pas l'inventeur. Il ne l'aurait pas fabriqué exprès pour se donner le plaisir de le contredire et de le rejeter.

LES FORMES PRIMITIVES DES POÈMES

4° Enfin, tandis que, dans tous les textes connus, le mariage du Sarrasin Tibaut et d'Orable n'est qu'apparent, la chanson d'Aliscans introduit un prince, Esmeré, qui est le fils de Tibaut et d'Orable *. Il interpelle ainsi son « parâtre » Guillaume, lui reprochant d'avoir jadis, lors de la prise d'Orange, massacré deux de ses frères :

1050 « Sire paratre, » dist li rois Esmerés, « Por quoi m'as tu a tort desireté Et fors d'Orenge par traïson gité, Et pris ma mere 2 trestot outre mon gré, Et mes deus frères a grant tort decolez? Tant les bâtis, voiant tôt ton barné, Desor un marbre el pavement listé Ke de leur sanc corurent grant li gué ;

Puis les pendis a un arbre ramé »

Respont Guillaumes : « Vos dites niceté.

Puis que li hom n'aime crestienté

Et qu'il het Dieu et guerpist charité,

N'a droit en vie, je le di par verté,

Et ki Tocist s'a destruit un malfé ;

Dieu ai vengié, si m'en set molt bon gré. »

Combinant ces trois derniers textes (Foucon, Sforie

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