‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation des chansons de gesteChapitre 98 sur 152 · Voyez Y Appendice à la fin du volume · texte numérisé non relu

Voyez Y Appendice à la fin du volume

2. Elle nomme Hernald de Gironde (v. 2551) ou le flori (v. 2564) ; Bernard de Bruban (v. 2256), père de Bertram le

4° Certains critiques — ou plutôt tous les critiques conjurés — avaient soutenu que Bertrand de Barsur- Aube, en son Girard de Vienne (qui date de la fin du xiie siècle au plus tôt), avait le premier imaginé d'établir des liens de parenté entre Olivier, fils de Renier de Gennes, et Aymeri, et de rattacher la geste des Narbonnais à la geste du roi1. Suivant G. Paris, par exemple, la tradition originale ne connaissait ni les trois frères d'Ernaud de Beaulande (Girard de Vienne, Renier de Gennes, Milon de Pouille), ni leur père Garin de Monglane : « Ernaud de Beaulande était le plus ancien aïeul qu'elle donnât à la geste : Girard de Viane, Renier de Gennes, Milon de Pouille et leurs enfants n'étaient aucunement mentionnés. Les enfants de Garin et la geste d'Ernaud n'étaient pas réunis pour former une seule famille, celle de Monglane. Cette soudure est tout artificielle et l'œuvre des arrangeurs de seconde main ; la preuve en est que les poèmes où figurent les nombreux descendants d'Ernaud de Beaulande ne nomment jamais ses prétendus frères, tandis que ceux-ci et leurs enfants figurent dans des chansons qui ne connaissent pas les premiers. On ne les voit réunis que dans des poèmes

palazin (v. 2055) ; Guillaume Ferehracc ; Garin d'Anseûne (v. 2553) ; Bovon de Somarchis (v. 2560) ; Guibert V enfant (v. 2565). Seul Aïmer n'est pas nommé.

1. Par suite, si M. Cloetta, par exemple (Archiv de Herrig, t. XCIII, p. 440-1), trouvait une mention de cette parenté dans un poème plus ancien que Girart de Vienne, dans le M oniage Guillaume (2e rédaction), il prononçait naturellement que ce passage était une interpolation.

SUR LA FORMATION DU CYCLE

postérieurs, et nous croyons que l'auteur de Girard de Vianeest celui qui, vers le commencement du xiue siècle, a fondu ces deux gestes en une seule [. » A vrai dire,, le Pseudo-Philomena 2 qui est antérieur au poème de Girard de Vienne, semblait contredire cette théorie. Néanmoins M. H. Suchier écrivait encore récemment 3 : « Les recherches nombreuses et approfondies consacrées à l'épopée française depuis 1865 n'ont fait que confirmer la séduisante hypothèse de Gaston Paris. » — La Chanson de Guillaume la supprime ; il y est question d'un jongleur, aimé de Guillaume,

1260 Qui de la geste li set dire les chançuns, De Glodoveu, le primer empereur..., Et de Charlemaigne et de Rolant sun nevou, De Girart de Vianeet d'Oliver qui fu tant pruz : Cil furent si parent et sis ancessur.

Il résulte de là que, bien avant Bertrand de Barsur- Aube, Girard de Vienne et Renier de Gennes, père d'Olivier, étaient tenus pour les frères d'Hernaud de Beaulande 4 et pour les grands-oncles de Guillaume

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