‹ Les légendes grecques des saints militairesChapitre 14 sur 138 · DA · texte numérisé non relu

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πόλιν τε καὶ χώραν ἀπέδειξε ?, et il montre. les pèlerins accourus à la fête du saint ἐκ τῶν μερῶν ἁπάντων τῆς οἰκουμέγης 3, (δ. n'est qu'au xiv° siècle qu'elle apparaît comme déchue de son ancien rang et que l’on voit passer à Apros le titre de métropole qu'elle avait possédé jadis #.

On voudrait être rassuré sur l'authenticité d’une inseription, dont l'original ἃ malheureusement disparu, attribuant à l’impératrice Eudocia la construction d’une église de 5. Étienne et le don d’une relique de S. Théodore à la ville d'Euchaïta : τῇ πόλει τοῦ ἁγίου Θεοδώρου 5. Il serait également à désirer aussi que l’on füt fixé sur l’origine de deux autres « villes de Théodore » dont l’une Θεοδωρού-

1. GELZER, Zur Zeilbeslinmung der Griechischen Notitiae Episcopaluum, JAHRBÜCHER FÜR PROTESTANTISCHE THEOLOGIE, t. XII (1886), p.540, 04x ; RAMSAY, Op. ΟἹ, p.31.

2. P. DE LAGARDE, loannis Euchaïlorum metropolilae quae in Codice Vaticano 676 supersunt, dans Abhandlungen der K. Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôüttingen, &. XXVIIT (1881), p. 132.

Ὁ 10id., p, 11:

h. Mixrosicn-MüLLer, Acta el diplomala monasteriorum et ecclesiarum Orientis, t. 1. Ὁ. 90. Cf. A. WacuTEer, Der Verfall des Griechenthums in Kleinasien im XIV Jahrhundert (Leipzig, 1908), p, 14.

5. Bulletin de correspondance hellénique, t. XIII (1889), p. 294.

πολις sur le Danube est mentionnée par Procope! et dont l’autre πόλις Θεοδώρου est connue par une inscriplion qui parait être du χα siècle ?. Mais peu importe. On ne peut douter de la rapide extension du culte de S. Théodore. De nombreuses églises s’élevèrent en son honneur dans tout l'Orient, et bien que l’on ne puisse remonter à l'origine de chacun de ces sanctuaires, on en compte plusieurs qui peuvent prétendre à une haute antiquité.

Une des plus anciennes églises de Constantinople est dédiée à S. Théodore *. Son fondateur n'est autre que le patrice Sphoracius, consul en 452, et le 5 novembre on No hoitantueHement la dédicace τοῦ ἁγίου Θεοδώρου ἐν τοῖς Σῳωραχίου ὁ. Un μαρτύριον τοῦ ἁγίου Θεοδώρου ἃ Eaccäea, en Syrie, doit être, se ον vraisemblance, daté du γ᾽ siècleÿ. Une δόμος ἀεθλοφόρου Θεοδώρου, à Gérasa, serait également des dernières années du ν᾿ siècle 5, et vraisemblablement aussi une église d’Amasée, dédiée à ὃ. Théodore, si l'empereur Anastase, désigné par l'inscription, est Anastase [“ (491-518), comme de bons connaisseurs semblent disposés à l’admettre7. À la même époque,

1. De aedificiis, IV, 6. Voir aussi IV, τι, deux φρούρια τοῦ ἁγίου Θεοδώρου.

>. GC. I. G. 8542. On ἃ proposé d'identifier cette ville avec Theodosia en Russie.

3. lustiniani Novellae, 111, 1 : 6 τε σεβάσμιος οἶχος τοῦ ἁγίου μάοτυρος Θεοδώρου παρὰ Σφωραχίου τοῦ τῆς ἐνδόξου μνήμης ἀνιερώθη. : tir

ἡ. Synaxarium ecclesiae Conslanlinopolilanae, PROPYLAEUM AD AcrA SANG TORUM RU MBRIS, D. 107.

5. CG. 1. G. 8616 ; LEeBas-WADDINGTON, Voyage RASE en Grèce el en Asie πεν inscriplions, 21959.

à C. EG. 8694; Revue biblique, τ. IV (1805), pp. 387, 389.

Fo Reinacn, dans Revue des Études ea ques, L. ἯΙ (1899), p.83,

n. 22 ; S. Pérripës, dans Échos d'Orient, τ. ΠῚ (1899), p. 273-78. De ce que S. Re soit appelé dans F τὐυκ εδθιο ὃ τοῦδε τοῦ πολίσματος ἔφορος. il ne suil pas nécessairement que son tombeau se trouvât à Ainasée. D'autres villes avaient pour patron ἃ. Théodore et portaient même son nom sans pouvoir prétendre à l'honneur de garder ses

Édesse possédait deux églises sous son vocable !, et au siècle suivant il y avait à Jérusalem un μαρτύριον τοῦ ἁγίου ᾿ Θεοδώρου ? : celui de Carsalas, près de Damas, n'était peutêlre pas moins ancien ?. | On ne sait à quelle époque on commença à honorer S. Théodore à Dalisandos, qui se glorifiait de posséder son bouclier#, ni à Diolcis. en Égypte ὅς, ni en plusieurs autres villes où des édifices consacrés à S. Théodore sont signalés par les inscriptions 6. La diaconie de S. Théodore à Rome remonte à la période byzantine, mais il est impossible de fixer la date de fondation 7. Le célèbre martyr élait certainement connu à Rome au commencement du vi‘ siècle. Le pape Félix IV (526-550) le fit représenter sur la mosaïque de la basilique des SS. Cosme et Damien au

forum romain ὃ.

restes. L'exploit de ἃ. Théodore accompli à Amasée, d'après la legende, suffit à expliquer la dévotion spéciale des habitants de cette ville pour le saintmart\r.

1. À. Bauusrark, Vorjuslinianische kirchliche Baulen in Edessa dans Oriens Christianus, t. IV (1904), p. 179.

2. Vila 5. Sabae auct. Cyrillo Scythopolilano, ec. LXXVHr, COTELIER, p. 859.

3. ANASTASIUS SINAITA, dans IoaNNIS DAMASCENI De imaginibus, I, ΟΝ D: 1007. )

h. CONSTANTINT PORPHYROGENITI, De Themalibus, 1, 13, éd. Bonn.

5. Vila S. Nicolai, ©. xIV, GC. FaLcowr, δ. Nicolai Acta primigenia (Neapoli, 1791), P. 12 : εἰσελθὼν 6 δοῦλος τοῦ Θεοῦ εἰς τὴν χώμην τὴν λεγο-

6. À Soada un ξενεὺν τοῦ ἁγίου Θεοδώρου, LEBAS-W ADDINGTON, n. 2327 ; d'autres sancluaires à Hypacpa, en Lydie, C. I. G. 8872; à Ancyre, CI: (880,

7. L. Ducuesxe, Le liber Ponlificalis, L. IE, Ὁ. 4x. | 8. Dr Rossi, Musaici delle chiese di Roma. Abside dei 55. Cosma el Damiano. Marini suspectait l'inscription SANC'THEODOR VS. De Rossi est d'avis que dans les restaurations on ἃ exactement reproduit les lettres de l'inscriplion primitive. La mosaïque de l’église Saint-Thcodore est moins ancienneque la précédente, et sans aucune inscription. Voir DE Rossi, tome cil., Musaico dell” abside di S. Teodoro ai pie del Palalino.

Jusqu'ici il n'a été question que d’un seul Théodore. A une époque qu'il est difficile de préciser, on commence à faire mention d’un homonyme. et l’on distingue S. Théodore le général d'avec S. Théodore le conscrit, deux saints militaires, dont les actes offrent beaucoup de ressemblances et que l’on rattache tous les deux à Euchaïta. Dans les textes littéraires, le dédoublement peut se constater dès le ix° siècle, et bien avant la novelle de Manuel Comnène qui met au rang des fêtes à demichômées celle du τὶ février, OU TOY με de de 0% στρατηλάτην Θεόδωρον, celle ἐξ 17 du

même mois, διὰ τὸν ἀβληφόρον Θεόδωρον τὸν τήρωνα, el celle

du 8 juin, διὰ τὸν μεγαλομάρτ τυρα στὸ ατηλάτην Θεὲ ὀδωρον, ce dernier jour étant celui de la translalion 1, la distinction devait avoir pénétré l'usage liturgique. Il y eut sans doute des églises spécialement dédiées à l’un ou à l’autre Théodore ; on en connaît sous le vocable des deux à la fois, comme à Pergame le γαὸς τῶν ἁγίων Θεοδώρων ? et le célèbre sanctuaire de Serres, en Macédoine*.

Nous ne voulons pas nous allarder à discuter la question de l'identité ou de la distinction des deux saints homonymes. L'existence du second Théodore, dit le stratélate, n’est point établie historiquement et l'apparition de ce nouveau martyr à côté de l'ancien, qui fut longtemps seul à jouir des honneurs du culle, n’est pointun phénomène isolé en hagiographie. Nous en trouverons un autre exemple dans la catégorie des saints militaires. La mul-

u Voir les scolies de Balsaimon au Nomocanon de Photius, tit. VIH, ©. 1, P. αἰ &. CIV, p. 1072-73. La novelle de Manuel Comnène est 262100 P..G.,t. CXXXIIE, p. 560.

3. P. N. PAPAGEORGIU, Σερραί, dans BYZANTINISCHE ZEITSCHRIFT, À. 1Π (1894), p. 233-329. Le discours de Théodore Pediasimos περὶ τοῦ ἱεροῦ τῶν Φερρῶν dans M. Tret, Theodori Pediasimt eiusque amicorum quae

exslant (Polisdamiae, 1809), p. 14-10). Il est suivi, p. 13-29, d'un recueil de miracles des deux saints.

tiplication des homonymes qui, en réalité, représentent le même saint, ἃ son origine soit dans la diversité des légendes qui circulent à son sujet et qui modifient sa physionomie, soit dans la diversité des fêtes instituées en son honneur, soitenfin dans la célébrité de certains sanctuaires où le saint est honoré sous des vocables divers. On serait bien embarrassé de dire laquelle des trois causes a fait surgir le second Théodore. Quoi qu'il en soit, les formes varices de la légende n’ont pas peu contribué à populariser l’idée d’une dualité aussi extraordinaire.

Les synaxaires marquent les trois fêtes à date fixe que nous avons rappelées plus haut !. On célébrait aussi une fête de saint Théodore le premier samedi de carême ?. Cette fête mobile est spécialement consacrée à commémorer une apparition miraculeuse du saint. Julien l’aposlat, à ce que raconte la tradition, avait défendu de vendre au marché les denrées qui n'auraient pas été offertes aux idoles ou aspergées du sang des victimes. On conçoit l'embarras des chrétiens. Saint Théodore vint à leur secours. 11 apparut en songe à l’évêque d'Euchaïta et lui sugoéra de remplacer la nourriture habituelle par un plat de froment bouilli, désigné dans le pays sous le nom de colybes, κόλυβα. Le récit le plus connu de cette vision se trouve dans un panégyrique faussement attribué à Nectaire de Constantinople *. ΠῚ fallait rappeler cette histoire, qui n'a pas été négligée par les derniers rédacteurs de la Passion de saint Théodore, ainsi que nous le constaterons.

Telles sont les attestations les plus importantes relatives

1. Synararium Ecclesiae Constantinopolitanae, pp. 451, 469, 735.

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