Bibliotheca hagiographica latina, n
amplification du récit de 5. Grégoire de Nysse ; 11 ne fallait pas grande imagination pour tirer la légende du panégyrique, et ce n'était pas la peine de chercher ailleurs. Le rédacteur de la passion de ὅ. Théagène, telle que nous la possédons, ἃ dû être plus embarrassé. Car sans l'épisode de la prison, ces actes, touten prenant aux yeux de l'historien meilleure apparence, n'ont plus rien qui puisse intéresser la foule et l’on conçoit qu'il se soit trouvé quelqu'un pour essayer d’en rendre la lecture moins aride en y introduisant quelques-uns des incidents de la passion déjà populaire de ὃ. Théodore 1.
La troisième légende de S. Théodore le conscrit est celle de Métaphraste au 17 février. J’ai dit ailleurs sur quoi repose cette attribution et quelle en est la portée 5. Il ne saurait y avoir aucun doutesur le fait que la Passion Μαξι:μιανῷ χαὶ Μαξιμίνῳ τοῖς βασιλεῦσι, dont nous publions le texte plus loin (Appendice Il), faisait partie intégrante du ménologe de Métaphraste.
Une rapide analyse fera saisir le procédé du nouveau rédacteur. Il s'est emparé de la seconde légende, l’a racontée dans son style élégant et précieux, et l’a allongée du récit très prolixe du miracle des κόλυβα, d'après le panégyrique de Nectaire *. Inutile d’insister sur les traits qui ont disparu dans le travail de remaniement, sur les lieux communs et les discours qui sont l'ornement caractéristique de la nouvelle Passion.
1. Rappelons ici que la seconde Passion de S. Théodore (n° 6) et celle de 5. Nestor (Ac{. SS., feb., {. TT, Ὁ. 629) ont une partie commune, comme l'a fait remarquer Εἰ. LeBLanr, Les Actes des Martyrs, (Paris, 1882), p. 28.
2. Analecta Bollandiana, t. XVI (18935), p. 311-209. de PIS AAUE, p.15.
L'exemplaire de la seconde légende qui ἃ servi de modèle, était, comme la version du manuscrit 1470, agrémenté de l'épisode du dragon. Il est placé, dans notre texte, entre l’'enrôlement de Théodore et son départ pour la légion. Le martyr accomplit ce grand exploit comme pour donner une preuve de son savoir-faire, et Métaphraste se complait à raconter le fait avec de longs développements. À noter que la femme qui joue toujours un certain rôle dans les histoires de ce genre. se trouve précisément être Eusébie, celle qui se contentait, dans les précédents récils. de prendre soin de la sépulture du martyr.
On sait que la tradilion manuscrite du ménologe de Métaphraste est, en général, d’une remarquable fixité. Sur un point, la Passion de S. Théodore le conserit, — nous aurons la même remarque à faire au sujet de la Passion du stratélate — fait exception à la règle. L'épisode du dragon manque dans un certain nombre d'exemplaires. Voici la proportion des manuscrits des deux classes dans les fonds grecs du Vatican etde Paris. Le passage se trouve dans le ms. de la Vaticane 1245, dans les mss. de la Bibliothèque Nationale 1190, 1450, 1500, Coislin 304: il manque aux manuscrits Palat. 508, Paris 771, 779. 1929, Coislin 307. Nous ne voulons, en ce moment, que constater le fait, sur lequel il y aura lieu de revenir.
Dans la seconde classe des récits relatifs à S. Théodore, le saint se trouve du premier coup promu au rang de général. Ici encore nous aurons à distinguer trois groupes de textes qui ont chacun leurs caractéristiques et qui vont aboutir au ménologe de Métaphraste.
Les Actes qui se réclament du nom d'Augarus, sont les plus anciens !. En voici la teneur.
Licinius persécute les chrétiens et envoie partout ses édits, même dans l’armée. C’est lui qui avait fait périr les quarante martyrs de Sébaste, les soixante-dix centurions et les trois cents martyrs de Macédoine ?. Voyant que le peuple méprise ses volontés, il se décide à frapper surtout des personnages importants. |
Il entend parler d’un certain Théodore, connu par sa beauté, sa sagesse et ses exploits contre le dragon qui infestait Euchaïta. En effet, Théodore avait juré de délivrer sa patrie du monstre. Il arrive sur les lieux, et commence par s'endormir sur l'herbe. Une pieuse femme, nommée Eusébie, l'avertit du danger qu'il court. Mais lui, armé du signe de la croix et fortifié par la prière, au milieu des larmes d'Eusébie, adjure le dragon au nom du Christ de quitter son repaire. Le dragon obéit en faisant trembler la terre sous ses pieds. Aussitôt, Théodore le perce de son épée. Beaucoup de soldats païens, témoins du spectacle, embrassent la foi chrétienne.
Licinius, informé de cet acte de bravoure, envoie des personnages de sa cour à Héraclée, où s'était rendu Théodore, pour le prier de venir le trouver à Nicomédie. Théodore reçoit les envoyés avec de grands honneurs et leur remet une lettre pour inviter l'empereur à venir luimême à Héraclée avec ses grands dieux.
L'empereur se met en route. Théodore est favorisé d'une apparition. Il entend la voix du Seigneur : « Courage, Théodore, je suis avec vous. »
Le saint se revêt de ses habits précieux, monte à cheval οἱ va au devant de l'empereur, qui le reçoit avec beaucoup