Bibliotheca hagiographica latina, n
3. Cod. 14, fol. 34-40. Voir Calalogus codd. hagiographicorum bibliothecae Bollandianae, ANALECTA BOLLANDIANA; L NAIV, p.433.
4. Berichle über die Verhandlungen der Kün. Sächsischen Gesellschaft der Wissenschaften, t. XX VI (1874), p. 49-70.
5. Des matériaux en vue d’une édition critique de la plus ancienne forme de la Passion de δ. Georges ont été réunis par K.Zwrerzana, Bemerkungen zur Ueberlieferung des ällesten Textes der Georqgiuslegende, PRAGER DEUTSCHE STUDIEN, Heft VIIT (Prag, 1908), P. 1-10.
6. M. CLERMONT-GANNEAU, Recueil d'archéologie orientale, t. VI. (Paris, 1906), p. 371, s'occupe du roi Dacianus des Actes de S. Georges, et se demande si le grec ne portait pas δουχιανός. Cette conjecture doit être écartée. La forme syriaque n’a pas d'autre origine que le Axravés de l'original. À rapprocher, ne füt-ce qu'à titre de curiosité, le nom de Dadian que portent les princes de Géorgie. Brosser, Histoire de la Géorgie (Saint-Pétersbourg, 1830), p. 3880-86, note.
idoles, il fait connaître ses antécédents et refuse d’adorer les dieux
Sur l’ordre de l'empereur, ilest suspendu, déchiré, forcé de mettre les pieds dans des chaussures garnies de clous pointus, frappé sur la tête à coups de marteaux qui font jaillir la cervelle. Après de nouveaux tourments, tous endurés avec une égale fermeté, il est jeté en prison ; on lui-charge la poitrine d’une pierre énorme.
Le Seigneur lui apparaît pour le réconforter et lui annonce que sa passion durera sept ans: les tourments ne lui feront aucun mal: il mourra trois fois et trois fois il ressuscitera avant de mourir pour tout de bon.
Le lendemain encore, il est présenté à l’empereur, qui le fait battre, et après l'avoir renvoyé en prison, convoque tous les magiciens de la terre. Un certain Athanase se présente. On lui amène des taureaux ; au moyen d'une formule magique, il divise en deux un de ces animaux.
Georges est mis en présence du magicien, qui lui verse un breuvage magique, en promettant de se convertir s'il ne ressent aucun mal. C’est ce qui arrive. Athanase tient parole et l’empereur le fait aussitôt mettre à mort.
Alors l’empereur ordonne de préparer une roue armée de tous côtés de pointes et de glaives. Prière de Georges.
Le martyr est jeté sur la machine et taillé en dix parties. L'empereur fait jeter ses os dans un puits. Mais tandis qu'il est à table avec les soixante-douze rois, le tonnerre éclate, Georges ressuscite. Anatolius, maître de la milice (notre manuscrit porte par erreur Athanasius) se convertit avec toute son armée. Tous les convertis sont passés au fil de l’épée.
Ramené au tribunal, le saint est soumis à de nouveaux tourments. On lui verse dans la bouche du plomb fondu, on lui enfonce dans la tête soixante clous rougis au feu.
Puis il est suspendu la tête en bas au-dessus d’un brasier, introduit dans un bœuf d’airain, etc. Reconduit en prison, il est favorisé d’une seconde vision.
Le lendemain, au tribunal, le roi Magnentius jure de se faire chrétien si Georges parvient à faire porter des fruits à vingt-deux sièges de bois qui se trouvent là. Le miracle se produit, mais Magnentius en fait honneur à Apollon. Le martyr est scié en deux et son corps jeté dans une chaudière avec du plomb et de la poix. Maïs on entend un fracas épouvantable. Le Seigneur descend avec S. Michel et ses anges et ressuscite une seconde fois le martyr.
Il est arrêté de nouveau. Une femmeimplore son secours en faveur de son fils dont le bœuf vient de mourir. L’animal est rappelé à la vie.
Le roi Tranquillinus demande à Georges de ressusciter les morts qui reposent dans un sarcophage. On l’ouvre, ΘΕ 1] ne s’y trouve qu'un peu de poussière que l’on apporte au martyr. 1] se met en prières et l’on voit se lever cinq hommes, neuf femmes et trois enfants, qui étaient morts depuis 460 ans. Une source jaillit miraculeusement. Georges baptise les ressuscités et, sur son ordre, ils disparaissent aussitôt.
L'empereur fait conduire Georges chez la veuve la plus pauvre que l’on puisse découvrir. Georges lui demande du pain, et elle est obligée d'aller en emprunter. Mais un ange en apporte ; en rentrant, la veuve trouve la table servie et la poutre (furca) qui soutenait sa maison, en fleur. Elle présente au marlyr son jeune enfant qui était aveugle, sourd et paralytique. Il lui rend la vue.
Rappelé au palais, le saint est de nouveau battu, brûlé, déchiré. Il expire : ordre est donné de porter son corps au sommet d'une montagne et de l’exposer aux oiseaux de
proie. Les soldats, au retour, entendent un grand bruit, C'est la troisième résurrection de Georges. Celui-ci appelle les soldats, fait sortir de terre une source d’eau vive et les baptise. Ils sont punis de mort.
L'empereur faitau martyr de belles promesses pour l’engager à sacrifier aux idoles. Georges lui répond en termes qui font croire que sa constance est ébranlée et qu'il sacrifiera Le lendemain. Introduit au palais, on le mène en présence de l’impératrice Alexandra.
Il instruit l’impératrice des principaux dogmes chrétiens ; elle l'écoute avec plaisir, mais redoute la colère de l'empereur.
On annonce partout solennellement que Georges va sacrifier aux idoles. La veuve, dont le fils avait miraculeusement recouvré la vue, éclate en lamentations. Le saint appelle l'enfant, le guérit de ses autres infirmités et lui ordonne d’aller au temple des dieux chercher Apollon. Le dieu se présente lui-même à Georges et confesse qu'il n'est qu'un ange déchu. Georges frappe du pied la terre qui s’entr'ouvre, et engloutit l’idole.
Alors le saint entre dans le temple et brise les autres idoles par le simple contact de son souffle. Les prêtres le conduisent à l’empereur. Celui-ci va trouver l'impératrice, qui confesse la foi du Christ, subit la torture et enfin le martyre.
L'empereur signe lasentence de mort, etGeorges estconduit au lieu du supplice, à la « Porte de fer ». Un pied dedans etun pied dehors, il demande aux bourreaux de lui laisser le temps de prier. D'abord, il demande que le feu du ciel dévore l’empereur et les soixante-douze rois. Cette prière est exaucée sur-le-champ. Ils sont consumés avec tous les païens qui se trouvent dans leur compagnie. Puis, il prie pour les fidèles et demande que Dieu veuille exaucer
tous ceux qui invoqueront son nom. Et le Seigneur répond que ceux qui honoreront les reliques de ses vêtements seront exaucés et qu'il les sauvera dans toutes sortes de nécessités. Alors le martyr ordonne aux bourreaux de faire leur devoir.
« Moi, Pasicrate (Passecras), serviteur de mon maître Georges, j'ai été présent durant sept ans à sa passion, et j'ai mis par écrit tout ce qu'il a souffert. Trente mille neuf cents hommes et l’impératrice Alexandra ont été amenés par lui à croire dans le Christ. »
Tel est le tissu d’inepties qui forme le plus ancien récit que nous possédions sur S. Georges. Nous l'avons résumé dans ses grandes lignes, et sans relever beaucoup de variantes que les divers exemplaires appartenant au même osroupe permettent de noter !. Ce travail nous mènerait très loin, car, outre les versions latines déjà citées, il y aurait à tenir compte des textes coptes?, qui dérivent du grec, quoi qu'on en ait dit 3. Le résultat, on peut le craindre, ne répondrait pas à l'effort, et on arriverait principalement à constater, une fois de plus, l’extrème liberté que l’on prenait avec les récits hagiographiques de cette espèce, et la difficulté de trouver deux exemplaires d’un même texte, sans traces sensibles de développement, d’abréviation ou d’interpolation. Passons aussitôt à une seconde légende de S. Georges qui ne diffère pas seulement par des retouches de la précédente, mais où se manifeste un
1. F. Verrer, Der heilige Georg des Reinbot von Durne, p. XXV-xxxY, a fait ce travail pour le fragment grec et les deux versions latines, Bibliotheca hagiographica latina 3365 et 3367.
2. E. A. WaLus BUDGE, The marlyrdom and miracles of Saint George of Cappadocia. The coptic lerts (London, 1888), p. 1-37; 177-00.
3. E. AuMÉLINEAU, Les actes des martyrs de l’église Cople (Paris, 1890), Ρ. 241.
Fr
travail plus profond qui en modifie la physionomie générale.
Nous choïisirons comme type la passion de ὃ. Georges telle qu'elle est racontée dans le manuserit du Vatican 1660, fol. 272-2881. Le texte grec est inédit, mais il en existe une traduction latine dans le recueil de Lipomano?. ‘On peut en rapprocher les manuscrits grecs de Paris h99, fol. 289"-299" ; 771, fol. 347"-353" ; 897, fol. 111-131; 1447, fol. 125-135" ; supplém. gr. 162, fol. 146-161" 5, et les manuscrits du Vatican 866, fol. 276-277", Oltobon. 1, fol. 240-247 !, Le récit est précédé d’un prologue : Ἢ μὲν τοῦ σωτῆρος ἡ μῶν ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ προαιώνιος Bastheta..…., et ne commence qu'à cette phrase : ᾿β γένετο τοίνυν κατ᾽ ἐκεῖνον τὸν καιρόν, τῆς σατανιχῆς εἰδωλολατρείας ἐπικρατούσης. Voici l’analyse sommaire de la Passion.
Dioclétien, assisté de Magnentius, se prépare à exterminer la religion chrétienne et à rétablir partout le culte des idoles. Il envoie un édit — dont on donne le texte — à tous les gouverneurs et à tous les magistrats : il convoque le sénat et une foule de dignitaires et leur fait part de ses desseins au sujet des contempteurs des dieux. Réponse de l’assemblée. |
Pendant qu'on recherche les chrétiens, Georges, le
1. GCalalogus codd. hagiogr. graecorum bibliothecae Valicanae, p. 154. Le manuscrit est daté de l’année 916.