‹ Les légendes grecques des saints militairesChapitre 33 sur 138 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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padoce, ayant le grade de général. Sa femme s'appelait Polychronia. Elle était chrétienne, tandis que son mari adorait les idoles. Elle met au monde Georges, qu'elle élève dans sa religion, à l'insu du père. Invité par lui à l'accompagner au temple, Georges l’exhorte à renoncer aux faux dieux.

Gérontius tombe malade, et se déclare chrétien. Georges va chercher dans un monastère voisin des moines pour l'instruire et lui donner le baptême. Gérontius meurt.

Aussitôt Georges de courir au temple où son père avait dressé des idoles d'or et d'argent. Il les brise, et va dans les autres sanctuaires des dieux accomplir la même œuvre de destruction. Il tue les prêtres et distribue aux pauvres d’abondantes aumônes.

Un nommé Silvanus va dénoncer Georges au duc Vardanius, qui le fait comparaître. Interrogatoire. Le juge le reläche en lui recommandant la prudence et l’obéissance aux ordres impériaux.

Ici se termine l'histoire de la jeunesse de ὅς Georges. Alors commence toute la longue histoire du martyre que nous connaissons déjà et qui est racontée selon la version de la seconde légende. À remarquer toutefois que l’impératrice ne meurt pas de mort naturelle mais est décapitée.

A la dernière sentence de mort prononcée contre son fils, Polychronia rentre en scène. Elle rend grâces à Dieu οἱ anime son fils à la persévérance. Elle est bientôt arrêtée, interrogée, et torturée jusqu'à ce qu'elle rende l'âme. Les chrétiens l’ensevelissent en secret.

Georges prononce une longue prière ; une voix céleste lui répond, et après de nouvelles oraisons, on lui tranche la tête. Le récit porte la signature de Pasicrate,

Dans le manuscrit de Paris 770, fol. 59-72, se trouve également une vie complète de S. Georges, commençant sans préambule : ᾿Ανήρ τις συγχλητιχὸς ὀνόματι Γερόντιος 1. La première partie de cette pièce, c'est-à-dire l'histoire de la jeunesse, reproduit en substance la version du manuscrit 1534. [Il n’en est pas de même de la seconde partie, dans laquelle le récit des tortures de S. Georges et des différents incidents dont elles sont entrecoupées est traité plus librement. La mort de l’impératrice Alexandra notamment est racontée avec des développements parti-

- ticuliers. Celle de S. fees est signalée par ce dernier

miracle : καὶ προσῆλθεν αὐτῷ ὁ σπεχουλάτωρ καὶ ἔτεμεν αὐτοῦ τὸν γενγαῖον Rte χαὶ ἐξῆλθεν ὕδωρ καὶ γάλα ἀντὶ τοῦ αἵματος (fol. 71). Le martyr est enterré à Diospolis à côté de sa mère, martyrisée peu auparavant.

Sous le titre de Μαοτύριον τοῦ ἁγίου μεγαλομάρτυρος Γεωργίου καὶ ἡ πολιτεία αὐτοῦ, le manuscrit de Messine 29, fol. τἡ- τῆν contient sur les parents de Georges, Gerontios et Polychronia, une notice? qui ne rappelle en rien l'histoire précédente, et dans laquelle Prochoros, disciple de S. Pierre, joue un grand rôle : ἀνῆρωπος ὀνόματι Πρόχωρος ἐχ τῆς διδαχῆς τοῦ μαχαρίου Πέτρου. Gerontius était Persan ; passant un jour, avec ses compatriotes, par la Cappadoce. il y rencontra la pieuse chrétienne nommée Polychronia, qui devint la mère de Georges.

Nous ne pousserons pas plus loin l'examen des légendes concernantS, Georges. Sauf quelques récits isolés imparfai-

1. Catalogus codd. hagiogr. graecorum bibliothecae Nationalis Parisiensis, P. 34.

>. Catalogus codd. hagiogr. graecorum monaslerii S. Salvaloris Messanensi, ANALECTA BOLLANDIANA, t. XIII, p. 33.

tement connus ou se dérobant à tout classement, la grande masse des textes relalifs au célèbre martyr — ils sont nombreux et en apparence très variés — rentre sans trop de difficulté dans quelqu'une des catégories que nous avons établies plus haut. Or, on a pu constater que les différents groupes ne sont que des transformations graduées d’une même légende primitive que l’on a dépouillée d’une série de traits trop manifestement suspects et où l’on a fait entrer, avec quelques éléments historiques arbitrairement choisis, des incidents et des péripéties dont l'imagination des hagiographes ἃ fait tous les frais. S'ils se sont ingéniés à pallier l'invraisemblance de l'ensemble par le cadre dont ils l’ont entouré, s'ils l'ont allégé d’une foule de détails choquants dont l’origine était trop reconnaissable, les rédacteurs successifs de la légende de S. Georges ne doivent pas être accusés d’avoir voulu faire passer une fable pour de l’histoire. Ayant à s'occuper d’un récit dont ils croyaient pouvoir accepter la substance, ils ont suivi naïvement l'instinct qui leur commandait de ne point le présenter de façon à rebuter le lecteur. Fautil dire que, s'ils ont rendu le document presque lisible pour leur public, ils n’ont rien ajouté à son autorité, et que la légende de Georges la moins étrange vaut exactement, au point de vue de l’histoire, la première de toutes, qui surpasse en extravagance tout ce que les hagiographes ont imaginé de plus hardi et qui a sa place marquée à à côté des fantastiques récits des Mille et une Nuits ?

On sait que la légende de δ. Georges figure dans le premier index de l’église romaine. Il est difficile de dire sur quelle forme de la Passion porte la réprobation du décret de Gélasef. Nous avons vu qu'au ν᾽ siècle déjà la pre-

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