GEYER, llinera Hierosolymilana, p
2. L. CouPperNass, Acta 5. Carlerii Cappadocis, t&. IT (Bonn, 1905),
3. On a relevé à Soghanlii Dere, dans une chapelle, des peintures et des inscriptions parmi lesquelles celles-ci : ἅγιος] Σέογιος, ὃ ἅγιος Βάχος, ἀ[γίου] Μερχουρίου. Malheureusement nous n'avons pas de données sur l'âge des unes et des autres. J. ἢ. SITLINGTON-STERRET, An epigraphical Journey in Asia minor, PAPERS OF THE AMERICAN SCHOOL AT ATHENS, t. II (1883-84), p. 231-392.
ἡ. Everrs, The churches and monasleries of Egypt atltributed to Abu δά ἢ, pp. 48, 368. Sur le sanctuaire principal, Dair Abü's-Saifain, voir À. 1. BurLer, The ancient coplice Churches of Egypt, t. 1 (Oxford, 1884), p. 70-154.
n'ont pas manqué de l’arranger à leur manière !. Nous n'avons pas à nous occuper ici des travestissements qu'a subis chez eux la légende grecque.
On sait qu'à partir du vur siècle, S. Mercure est spécialement honoré à Bénévent, où son corps aurait été transporté en 768 °. Nous avons essayé de démontrer ailleurs que les reliques de Bénévent ne sont pas celles du martyr de Césarée mais celles d’un homonyme d’Aeclanum en Apulie, mentionné dans le martyrologe hiéronymien au 26 août. Les contemporains de la translation semblent n'avoir pas trop soupçonné la confusion, et sans hésiter, se décidèrent pour le saint Cappadocien: les récits qui le concernent et qu'ils lisaient dans une traduction latine furent désormais appliqués au patron de Bénévent.
Ces récits se divisent en deux classes. La première comprend les diverses formes de la Passion du saint telle qu'elle se lit dans les ménologes. La seconde est plutôt la relation d’un miracle attribué à S. Mercure.
La Passion se rencontre dans les manuscrits sous trois formes principales. Le texte le plus ancien, à ce qu'il semble, Βασιλεύοντος χατ᾽ ἐχεῖνον τὸν καιρὸν Δεχίου καὶ Οὐαλεοιανοῦ. est celui des manuscrits de Paris 1539, fol. 182*- 188"5, de la Vaticane 8o7, fol. 266-269", 808, fol. 416h21"5, Nous le publions plus loin d’après le premier de
. BUTLER, À. C., p. 357-60; AMÉLINEAU, Les actes des martyrs de él Copte, p. 16-18.
. Bibliotheca hagiogr aphica EE 5936, 5937. Voir aussi V. (G10varpi, Acta passionis et translationis sanctorum martyrum Mercurii ac XII fralrum, Romae, 1750.
3. La Translalio S. Mercurii Beneventum dans MÉLANGES GODEFROID Kurru (Liège, 1908), p. 17-24.
k.-Acta SSS ΟΝ Al, να πῆ.
5. Catalogus codd. hagiogr. graecorum bibl. Nationalis Parisiensis, Ῥ. 239.
6. Catalogus codd. hagiogr. graecorum bibl. Valicanae, pp. 53, 56.
ces manuscrits (Appendice IX). Le manuscrit 866 de la Vaticane 1, fol. 104-106, contient une äutre rédaction de la même pièce; malheureusement le litre et 16 commencement manquent à cet exemplaire unique. Le récit suit pas à pas la rédaction précédente. Il y ἃ enfin le texte métaphrastique Δέχιος ἡνίκα καὶ Βαλεριανὸς ὁ μὲν ἐπὶ τῶν τῆς Ῥώμης σκήπτρων ἦν, dont il existe dans les bibliothèques un nombre considérable de manuscrits. Le texte que nous publions (Appendice X) est celui du manuscrit de Paris 1499°. Voici en quelques mots le contenu de la première pièce. |
Dèce et Valérien décrètent que tous les citoyens sacrifieront aux dieux. [15 convoquent le Sénat, lui soumettent le projet; les sénateurs approuvent complètement, et le décret est rédigé.
Texte de l’édit. Toute la ville est dans l'agitation. Les empereurs cependant réunissent des troupes contre les barbares. Parmi les légions appelées, il y a celle qui porte le nom τῶν Μαρτησίων. Valérien reste à Rome, Dèce part pour la guerre.
Un soldat de la légion des Martenses, nommé Mercure, a une vision. Îl voit un homme de grande taille, vêtu de blanc, qui lui remet un glaive et lui promet la victoire, en lui disant : « N'oubliez pas le Seigneur votre Dieu. » Mercure se jette sur les barbares, en fait un grand carnage et tue leur roi. La guerre est finie.
Dèce lui accorde en récompense la dignité de 579471.λάτης, et attribue la victoire aux dieux. Mercure reçoit de nouveau la visite d'un ange qui lui rappelle sa première recommandation. Mercure se souvient alors de la foi de son père Gordien, qui était chrétien.
1. Galalogus codd. hagiogr. graecorum bibl. Valicanae, p. 87. 2. Galalogus codd. hagiogr. graec. bibl. Nalionalis Parisiensis, p. 18%.
L'empereur envoie chercher Mercure par plusieurs de ses officiers. Mercure s'excuse, et la réunion est différée. Le lendemain, nouveau message. Mercure se rend à l’invitation. L'empereur lui propose d'aller ensemble sacrifier ἃ Artémis ; le saint se retire dans son prétoire. Il est accusé par le consulaire Catulus de n'avoir pas assisté au sacrijice
Mercure est appelé et interrogé, se déclare chrétien et jette son manteau et sa ceinture. Il est conduit en prison, où il reçoit la visite d'un ange.
Le jour suivant l'empereur lui fait subir un nouvelinterrogatoire, lui demande quelle est sa patrie, le nom de son père. Il veut savoir aussi s’il a reçu son nom de ses parents. Non, répond le martyr, j'ai été appelé Mercure par le tribun : mon père m'avait donné le nom de Philopator. Il renouvelle sa profession de foi.
Irrité, l'empereur le fait attacher à quatre poteaux et élever de terre. On le déchire et l’on allume sous lui un feu que les flots de sang parviennent à éteindre. Conduit en prison, le saint reçoit la visite d’un ange, qui le guérit.
Ramené devant l’empereur, qui l’accuse de magie, le martyr continue à confesser le Christ. Alors on lui applique des fers rougis au feu. Une suave odeur se dégage de ses plaies. L'empereur ordonne de le suspendre la tête en bas. une lourde pierre au cou. Le saint restant inébranlable, il le fait flageller cruellement, mais encore sans succès.
Alors l'empereur prononce la sentence : « Nous ordonnons que Mercure, qui a méprisé les dieux et nos décrets, soit conduit en Cappadoce, et qu'il y ait la tête tran chée. »
Le martyr, tout déchiré, fut lié sur une bête de somme, et l’on entreprit le long voyage, avec des haltes
pour le laisser reposer. Il arriva enfin à Césarée. Le Seïeneur se montra à lui : c’est ici que son martyre devait se consommer. Le bourreau lui trancha la tête.
Le corps du martyr devint blanc comme la neige et répandit une suave odeur. Il fut enseveli au lieu même du supplice, où il opère beaucoup de guérisons.
Le texte métaphrastique suit pour ainsi dire pas à pas celui que nous venons d'analyser. On n'y trouve aucun fait nouveau, mais de longs développements, des discours prolixes et des gloses qui sont de style dans le genre particulier cultivé par Syméon Métaphraste. Pour la connaissance de ses procédés l'étude de cette version peut avoir son importance. Nous renvoyons au texte sans nous y arrêter davantage.
Il nous importe surtout de savoir quel jugement il faut porter sur la valeur historique de la légende de S. Mercure. La mention du numerus Marlensium, sous prétexte qu'il existait deux légions de ce nom οἱ qu'on a l’épitaphe d’un Eutropius, προτίκχτω; τῶν γενναιοτάτων ἀριθμοῦ Μαρτησίων 1, ne suffit pas à la rattacher à un document contemporain des événements ?. Malgré la précision de certains détails, nous n’y découvrons rien qui permette de voir dans la pièce autre chose qu'un récit de fantaisie fait de réminiscences et de lieux communs. La passion de S. Mercure est une composition arlificielle de la classe des actes de S. Théodore, de $. Georges et deS. Procope. L'hagiographe
CE" Cr, θέ.
2. LEBLANT, Les acles des martyrs. Supplément aux Acla sincera de Dom Ruinart, p. 209. Le même auteur ἃ cru trouver une autre « confirmalion » des actes de S. Mercure dans un texte des Actes de S. Tarachus qu'il juge « presque irréprochables ». Outre que ce jugement est beaucoup trop favorable, la présence d'un trait conforme aux usages du temps ne suffit pas à réhabiliter tout un récit.
Sur la méthode de Leblant, voir ce que nous avons dit dans les Légendes hagiogrophiques, Ὁ. 138-147.
a eu recours à presque tous les moyens d'amplification que nous avons rencontrés dans ces légendes : l’édit des empereurs, la haute dignité du héros et l'estime particulière que l’empereur ἃ pour lui, linvitation au sacrifice, les visions, les tourments épouvantables, interrompus par un séjour en prison, durant lequel les blessures du martyr sont miraculeusement guéries ; la fureur du persécuteur ranimée par ce prodige, l'accusation de magie et ainsi de suite. L'invitation adressée à Mercure par l’empereur et déclinée par lui, on ne sait sous quel prétexte, rappelle nettement un trait analogue de la légende de ὃ. Théodore, de même que la convocation du Sénat pour transformer l’édit de persécution en sénatus-consulte est racontée en des termes qui prouvent que le rédacteur s’est inspiré de la légende de S. Georges. Ce qui achève de donner à cette passion le cachet d'une composition factice, c'est l’expédient imaginé pour faire mourir le saint en Cappadoce. Au lieu de lui donner le coup de grâce, sous ses yeux, l’empereur lui fait entreprendre, avec ses bourreaux, un long voyage, jusqu'à Césarée, où il consomme son martyre.
Telle est la première classe de documents hagiographiques concernant ὃ. Mercure. Il est surprenant qu'aucune des rédactions de la Passion grecque ne fasse menlion, même en guise de conclusion, d'un miracle célèbre, raconté souvent par les chroniqueurs, avec des détails divers mais toujours sous une forme dramatique qui devait tout naturellement le désigner à l'attention des hagiographes.
On sait que la mort soudaine et mystérieuse de Julien
l’apostat frappa vivement l'attention des contemporains et que diverses versions de l'événement furent mises en circulation!. La légende s’en empara, et Sozomène déjà connaissait la substance d’un récit dont S. Mercure devint bientôt le principal acteur. Un officier de Julien, raconte l'historien, était en route pour rejoindre l'empereur. Ne trouvant pas d'autre gîte, il alla prendre son repos dans une église, et là il vit, suivant l'expression consacrée, ὕπαρ ἢ 0v29?, les apôtres et les prophètes se communiquant leurs plaintes sur les mauvais procédés de l'empereur envers l'Église, et se consultant sur les mesures à prendre. Après une longue délibération, deux d'entre eux s’avancèrent, rassurèrent l’assemblée en lui disant de compter sur eux et s’éloignèrent avec des allures menaçantes. La nuit suivante, seconde apparition. Les deux messagers viennent annoncer à l'assemblée que Julien ἃ cessé de vivre 9.
Nicéphore Calliste, à cet endroit de son histoire, transcrit Sozomène avec sa liberté coutumière. Il ajoute aux chœurs des apôtres et des prophètes, celui des martyrs, et il prétend connaître le nom des deux mandataires de
l'assemblée des saints : ᾿Αρτέμιον δὲ χαὶ Μερχούριον λόγος ἔχε!
! + 4 TOUTOUS εἰναι *.
1. Sur les diverses versions de la mort de Julien, voir le P. V. DE Buck, dans les Acta SS. Oct., t. X, p. 572-753, note i; A. GRaF, Roma nella memoria e nelle immaginazioni del medio evo, t. 1 (Torino, 1883), p. 141-192, (απ ας de Santa Maria de don Alfonso el Sabio, t. I (Madrid, 1889), pp. χανιι, 23-26 ; A. PoNcELET, Index miraculorum B. V. Mariae, ANALECTA BoLLANDIANA, t. XXI, p. 265, n. 318. Le travail le plus complet sur la matière est celui du P. R. Nosrrrz- RiExECKk, Vom Tode des Kaisers Julian, dans XVI Jahresbericht des üffentlichen Privalgymnasiums an der Stella Malulina zu Feldkirch, 1906-1907, p. 1-35.
2. Sur celle expression voir L. DEUBNER, De incubaltione, pp. 5, 86, 99.