Hist eccles.,. VI
d. Hist eccles., X, 35; P. ας, ΤΌ p. 552.
ρὃ LÉGENDES GRECQUES DES SAINTS MILITAIRES
Ce n'est pas Nicéphore le premier qui prononce lé nom de S. Mercure à propos de la mort de Julien. Le roman syriaque de Julien l’apostat, publié par Hoffmann! et composé entre 502 et 32, suivant Noeldeke?, fait déjà mention de lui, et c'est là un des textes plus aneiens où S. Mercure soit cité. Jovien se trouvant à Édesse durant la guerre, voit en songe S. Mercure armé d’un arc et de trois flèches. « Avant trois semaines, lui dit le saint, j'aurai tué Julien avec une de ces flèches. » La prédiction se réalisa et une flèche, lancée par une main inconnue, renversa l’empereur.
La version de Malalas présente de notables différences et, pour la première fois, l'histoire est racontée sous la forme d’un épisode de la vie de ὃ. Basile. La nuit de la mort de Julien, ὃ. Basile vit le ciel ouvert. Le Christ était assis sur son trône et disait d’une voix forte : « Mercure, allez, tuez Julien l’empereur, ennemi des chrétiens. » Et S. Mercure, debout en présence du Seigneur, couvert d'une cuirasse élincelante, ayant reçu l’ordre, disparut. Bientôtil se retrouva devant le trône et s’écria : « L’empereur Julien estégorgé, comme vous l'avez ordonné, Seigneur. » À ce cri, S. Basile s’éveilla et le matin il raconta à son clergé ce qu'il avait vu en songe”. La Chronique Pascale rapporte le fait dans les mêmes termes, de même que la Chronique de Jean de Nikiou ὅ.
S. Jean Damascène, dans son premier discours sur les images, décrit la scène tout autrement, et 1] se réclame de
1. lulianos der Abtrünnige, Syrische Erzählungen, Kiel, 1883.
2. Ueber den Syrischen Roman von Kaiser Julian dans ZEITScHRIFT DER DEUTSCHEN MORGENLAENDISCHEN GESELLSCHAFT, t. XX VIII (1874), p. 282-83.
3. loannis Malalae Chronographia, 1. XTT, DiNporr, p. 333-3/.
ἡ. Chronicon Paschale, Dixporr, {. 1, p. 552.
ὃ. H. ZorexsERG, Chronique de Jean, évêque de Nikiou, p. 439.
la Vie de S. Basile, écrite par Helladius, son disciple etson successeur sur le siège de Césarée. Un jour le saint se trouvait à prier devantune image de la Vierge sur laquelle élait représenté également le martyr Mercure, et il suppliait le Seigneur de délivrer les chrétiens de la tyrannie de l’Apostal. Soudain, il vit disparaître le martyr, qui revint peu après tenant sa lance ensanglantée 1,
Dans la Vie de S. Basile par le Pseudo-Amphiloque, comme dans celle du faux Helladius ?, ce n’est point le Christ qui donne à Mercure l’ordre d'exécuter la sentence de mort. C’est la Vierge, assise sur le trône qui le lui intime. À son réveil, S. Basile se rend à la basilique de S. Mercure, où reposaient son corps et ses armes. Ces armes, qu'on avait encore vues en place la veille au soir. avaient disparu *.
Pour louer S. Mercure, un de leurs saints de prédilection, les hagiographes coptes n'ont pas manqué de s’'approprier la légende de la merveilleuse apparition #. Il n'entre pas dans notre plan d'étudier les diverses trans-
1. De imaginibus oralio 1, P. G., &. XCIV, p. 1278. Il est également fait mention de la légende dans la Vie de S. Macaire, dit le Romain, Bibliotheca hagiographica latina, 5fo4, dont deux recensions grecques ont été publiées par A. VassiLiEv, Anecdola graeco-byzantina (Mosquae, 1893), p. 135-165. Dans la première il est simplement question de l'endroit où périt Julien, εἰς χάμπον ὁμαλὸν χαλούμεινον ’Aztav, ἐν ᾧ τόπῳ τὴν ψυχὴν ἀπέρρηξεν ὃ παραβάτης ᾿Ιουλιανός. Dans l’autre la légende est clairement rappelée, "Asia, ὅπου ὃ ἅγοις Μερχούριος ἀνεῖλεν Ἴουλιανὸν τὸν παραβάτην (Ρ. 137).
2. On s’est demandé si la vie de S. Basile attribuée ἃ Helladius, et dont le texte n'a pas élé retrouvé, ne serait pas identique à celle du Pseudo-Amphiloque. Tizcemonr, Mémoires, t. IX, p. 681. La comparaison des deux versions de la vision ne donne aucun appui à cette hypothèse. Nosrrrz, 0p. cil., Ὁ. 18-19.
3. Vila 5. Basili, ©. IX. ComBeris, 5. Amphilochii Iconiensis… opera (Parisiis, 1644), p. 181-182. Cf. Nosrrrz, op. cil., p. 34-35.
4. A. J. Burcer, The ancient coplic Churches of Egypt, τῷ IH, p. 3537-60.
formations qu'ils lui ont fait subir. Chez les Grecs, elle semble n'avoir inspiré qu'un seul des panégyristes de S. Mercure, Nicéphore Grégoras!. Son discours, εἰς τὸν ἅγιον μεγαλομάρτυρα Μερχούριον, qui commence par ces mots : χαὶ κυβερνήτης δὲ πρὸς ἀνέμων παραταττόμενος βίαν, et dont il existe des manuscrits à la Vaticane 3, à Munich ὃ et à Bruxelles #, est encore inédit. Grégoras néglige complètement les données de la Passion de ὃ. Mercure pour s’en tenir exclusivement à la légende de l'apparition. Julien et la guerre des Perses lui fournissent l’occasion de ” faire étalage d’érudition et de développer longuement les circonstances historiques. Dans le récit du miracle, il suit, en substance, la version du Pseudo-Amphiloque : l'ordre de tuer Julien mis dans la bouche de la Vierge, la disparition des armes de S. Mercure constatée après la vision et ainsi du reste. Inutile de nous arrêter plus longuement à ce panégyrique, qui peut offrir quelque intérêt sous le rapport du style, mais dont l'étude, à notre point de vue spécial, ne nous apporterait aucune lumière nouvelle.
Il faut conclure de cette revue rapide des légendes de S. Mercure que, sans les textes attestant l’antiquité de son
1. Sur Nicéphore Grégoras hagiographe, voir Ep. KürTz, Ziwei griechische Texte über die hl. Theophano, MÉMOIRES DE L'ACADÉMIE IMPÉ- RIALE DES SCIENCES DE SAINT-PÉTERSBOURG, VIII* série, t. III, n° 2, (1898), p. vI-Ix.
4. Catalogus codd. hagiogr. graecorum bibliothecae Valicanae, p. 97.
3. Ign. Harpt, Calalogus codd. manuscriplorum graecorum bibliolhecae Regiae Bavaricae, 1.1, p. 50.
h. Ms. 3345 (18906-18912), fol. 6-17 ; Nicephori Gregorae ex codice Domus Professae Viennensis, descriplo ex alio anliquiore Elecloralis bibliothecae Bavaricae Monachü. La copie est du P. Reinhold Dehnius, d’après une note marginale de la main de Papebroch. Cf. J. VAN DEN GHeyn. Catalogue des manuscrits de la bibliothèque Royale de Bruxelles, LV D rs
culte, nous n'aurions sur ce martyr aucune donnée histo-
rique !.
1. On ἃ essayé de Lirer parti, contre l'existence de 5. Mercure, de son nom même. Nous avons fait remarquer ailleurs (Les Légendes hagiographiques, p. 235) que des noms mythologiques ont été ceux de saints très authentiques. Le nom de Mercure n'est pas spécialement suspect. Il ἢ Me par des chrétiens (voir DE Rossi, Roma Sotlerranea, 1. IT, . XLIX), par des clercs (haec curavilt Mercurius levila fidelis dans une inscription Damasienne, Tam, Damasi carmina, 4). οἱ même BE des martyrs. Un martyr d'Apulie s'appelait Mercorius, Acla SS., nov., t. If, p. [111], et Denys d'Alexandrie fait mention d'une LR qu'il nomme ἣ σεμνοτάτη πρεσβῦτις ΜΝεοχουρία. EUSÈBE, Pa ecel.. VI, Ln.7r8.
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S. Démétrius, patron de Thessalonique, ἃ conquis dans le monde grec une popularité qui ne le cède à aucune autre 1 et la littérature que son culte ἃ fait éclore, occupe une place à part dans l’hagiographie. Les copieux recueils de ses miracles, en particulier, sont des sources très importantes pour lhistoire du temps et pour les annales de la cité qui honore S' Démétrius comme son grand protecteur 5. Les monuments littéraires du culte du célèbre martyr ont été très sérieusement étudiés et parfaitement classés par le P. de Bije, et nous pouvons, presque sur tous les points, adopter en ces matières les conclusions de son excellent travail. L'ordre et la filiation des légendes de S. Démétrius ont été fort bien établis par lui #.
La première légende est représentée par le résumé de
1. Sur le culte de ὃ. Démétrius, consulter outre les Acta Sanctorum, Tarez, De Thessalonica eiusque agro (Berolini, 1839), p. 107-139. L'article de Eu. Davip, Τὰ Δημήτρια dans Ἢ μερολόγιον τῶν ἐθνιχῶν φιλανθρωπιχῶν χαταστημάτων, t. Il (Constantinople, 1906), p. 399-402, contient des détails intéressants sur la fête du patron de Thessalonique au moyen-à2e.
2. A. Toucarp, De l'hisloire profane dans les actes grecs des Bollandistes (Paris, 1874), p. 80-182; H. GELZER, Die Genesis der. byzantinischen Themenverfassung, \BHANDLUNGEN DER PHIL.-HIST. CLASSE DER KÜN. SACHSISCHEN GESELLSCHAFT DER WISSENSCHAFTEN, &. XNIIT (Leipzig, 1899), n. V.
3. Acla Sanclorum, oct., t. IN, p. 50-209 ; P. G., tt. CXVI, p. 1081-
ἡ. Le classement du P. de Bije ἃ été adopté par H. UsENER, dans Rheinisches Museum, N. K., LIT (1898), p. 370.
Photius!., la traduction d'Anastase le bibliothécaire 3. et la Passion grecque que nous éditons d’après deux manuscrits de Paris grec 1485 et Coislin 110 (Appendice XI). Cette dernière rédaction ne diffère des textes de Photius et d’Anastase que par des détails sans importance. Voici en peu de mots le contenu de la légende.
Au temps où Maximien se trouvait à Thessalonique et persécutait les chrétiens, Démétrius y répandait la bonne doctrine. Il fut pris et conduit devant l'empereur, qui se rendait alors au stade pour voir les jeux. Maximien, tout entier à l’idée du spectacle, ordonna de le garder dans le bain voisin.
L'empereur s’intéressait particulièrement à un gladiateur du nom de Lyaeus. Lorsque celui-ci parut, il promit un prix à qui engagerait le combat avec son favori.
Un jeune homme nommé Nestor se présenta. L'empereur essaya de le dissuader de s'attaquer à un adversaire aussi certain de la victoire. Nestor persista dans son dessein οἱ tua Lyaeus. L'empereur, sans tenir sa promesse, partit furieux. Sur le passage, on lui rappela Démétrius. Il ordonna de le tuer à coups de lance. Le corps du saint fut enseveli au lieu même du supplice.
Plus tard, lorsque les miracles manifestèrent la gloire du martyr, Léontius, préfet d'Ilyrie, érigea un oratoire en son honneur.
Dans ces Actes fort simples, il est à peine question de Démétrius. L'épisode de Nestor et de Lyaeus en remplit la plus grande partie, et l’on ne conçoit pas la raison de l'importance donnée à cette histoire, alors qu'il n'y ἃ aucune relation entre Démétrius et Nestor. En résumé, Maximien, dans un accès d'humeur provoqué par la mort
1. Bibliotheca, cod. 255, P. G., t. CIV, p. 104-105. 2, Bibliotheca hagiographica latina, n. 2122.