‹ Les légendes grecques des saints militairesChapitre 46 sur 138 · Acta Sanclorum, oct., ἃ: IV, p · texte numérisé non relu

Acta Sanclorum, oct., ἃ: IV, p

on l’avait enseveli. Léontius, atteint d'une maladie incurable, s’y fit transporter et recouvra la santé. En reconnaissance, il éleva une basilique en l'honneur du martyr.

Il emporta en Ilvrie des reliques, la chlamyde et l’orarium du saint teints de son sang, et après avoir traversé miraculeusement le Danube. 1] arriva à Sirmium où il bâtit une belle église pour les recevoir.

La troisième légende, εἶχε μὲν τὰ Ῥωμαίων σχπῆτρα, qui fait partie du ménologe de Métaphraste au 26 octobre, suit pas à pas. avec les amplifications d'usage, la légende précédente, et 1] serait assez inutile de s’y arrêter !.

Les deux dernières Passions, on l’a compris, ne sont pas autre chose que la légende primitive développée suivant les procédés chers aux hagiographes. On ἃ cherché d’abord à donner au récit une allure plus logique. Si Démétrius n’est pas à proprement parler la cause de la : mort du gladiateur, il n'y est plus absolument étranger comme dans la première légende. Si Léontius, préfet d'Ilyrie, bâtit une basilique en l'honneur du martyr, c'est qu'il avait reçu de lui une faveur miraculeuse. Il y ἃ même une sorte de lien primordial entre Sirmium et S. Démétrius, puisque Lyaeus, dont la mort fut l'occasion de son martyre, y commença ses exploits. Le martyre de Nestor est également une conséquence logique de ses relations avec Démétrius. On peut dire que, dans ce genre de littérature, pareil dénouement est de style.

On rend moins aisément compte de certains traits nouveaux dont l’hagiographe ἃ orné le récit. Impossible de

1, Acta Sanclorum, oct., Ὁ IV, p. 96-103.

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savoir où il ἃ pris le personnage de Lupus: c'est très vraisemblablement le « serviteur » classique du martyr, aussi peu historique que celui de 5. Théodore, celui de S. Georges, ceux de beaucoup d’autres saints. L'incident du scorpion et la vision sont aussi de purs ornements. Enfin, nous assistons à la métamorphose de Démétrius, un pieux chrétien sans élat social bien défini, en militaire οἱ en consul. C’est sous ce type qu'il sera désormais représenté et qu'il se montre à ses dévots dans les apparitions f.

Si le culte de 5. Démétrius à Thessalonique prit de bonne heure une extension considérable, on ne peut nier que les origines en soient fort difficiles à démêler. On devait en être persuadé à Thessalonique, puisque les hagiographes insistent sur l'état d'abandon où étaient demeurés ses précieux restes jusqu'à l'intervention de Léontius, au début du v° siècle. Les commencements obscurs et l’éclosion tardive du culte de ce martyr, l'emplacement de son tombeau en pleine ville et au milieu des édifices profanes, τῶν περιβόλων τοῦ δημοσίου λουτροῦ χαὶ τοῦ

72010, donnent je ne sais quel aspect anormal à la gloire

posthume de ὃ. Démétrius. Ce n’est pas ainsi que les églises particulières avaient coutume de rendre à leurs martyrs propres les honneurs publics.

La mention que font les hagiographes, à partir de la seconde légende, de deux basiliques élevées par Léontius en l'honneur de S. Démétrius, l'une à Thessalonique, l'autre à Sirmium, pourrait nous mettre sur la voie d'une solution. Thessalonique possédait le corps, disent-ils : Sirmium reçut les vêtements teints de sang ?. On est tenté de se demander si ce n'est point l'inverse qui eut lieu. En

1. Voir les recueils de miracles de 5. Démétrius, passim, Acfa Sanctorum, oct.,t. IV, pp. 104-197.

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