‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 102 sur 129 · AnaUcta BoUandiana, t. XXm, p · texte numérisé non relu

AnaUcta BoUandiana, t. XXm, p

Pollux, supposée mensuelle, aurait été primitivement fixée.

Autre exemple démontrant la nécessité de ne point se contenter d'une simple coïncidence de dates ^ Un des arguments que Ton a fait valoir pour prouver que les saints Florus et Laurus ne sont autre chose que les Dioscures est la date de leur fête, le 18 août. Car ce même jour on célèbre aussi sainte Hélène. Hélène, dans la fable, est la sœur de Castor et Pollux. Rendez leurs vrais noms à Florus et Laurus, et vous retrouverez au martyrologe ime fête authentique des Dioscures et de leur sœur.

Non^ ce n'est pas tout à fait aussi simple que cela. H se fait précisément que la rencontre du groupe Florus et Laurus avec Hélène est purement fortuite. Aucun martyrologe latin ne fait mention de Florus et Laurus, uniquement connus dans la tradition grecque ; aucun synaxaire grec ne nomme Hélène au 18 août ; elle est toujours jointe à Constantin le 11 mai, et ne paraît pas aiQeurs. H a fallu les surprises d'ime compilation empruntée à des éléments grecs et latins pour réunir, à la même date du martyrologe, Hélène et les martyrs grecs. Cette rencontre fortuite ne remonte pas au delà du xvi® siècle. Simple remarque qui suffit, je pense, pour effacer du calendrier antique la fête des Dios- <jure8 qui correspondrait au 18 août.

1. SEabbis, t. cit., p. 1-19. Cf. AnaUcta Bollandiana, t. oit., p. 428-429.

Béminiscenees et survivances païennes, 209

Nous dirons un mot plus loin du système qui aboutit à fixer au 7 janvier la fête de V « Epiphanie de Dionysos > en Bithynie.

Pour montrer la parenté de sainte Pélagie, honorée spécialemont le 8 octobre, avec Aphrodite, on a fait valoir ^, entre autres raisons, la date de cette fête, en s' appuyant sur le texte d'une inscription d'Egée^ en Cilicie, conçue en ces termes: ©ew SejBaoTw KoLicrapt xai Uoaeid&vi aaçaXetw xal *Acppo(îeiryî EÙTrXoia 2, Euploia est le titre de l'Aphrodite de Cnide. On pourrait s'attendre à ce que l'on établît d'abord que la déesse était honorée le 8 octobre. Point. Une seule date concernant le culte de la Venus Pelagiaest signalée ^, et elle se rapporte à une fête locale, la dédicace d'un temple et d'une statue de la déesse, à Nigra Corcyra (Curzola), le 1®^^ mai de l'an 193 après Jésus-Christ. Mais Poséidon est nommé dans la même inscription votive ; or, le 8 de chaque mois était consacré à Poséidon. J'avoue que la conséquence du raisonnement me ferait médiocre impression, alors même qu'il serait démontré qu'en Cilicie, comme à Athènes, le dieu de la mer avait son jour le 8 du mois.

1. H. UsENER, Legenden der heiUgen Pélagia, Bonn, 1879, p. xxi.

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