Pins haut, p
4. pROCOPB, Bell, Vand.y I, 21 : xov xsifimva oîvavxan.» ôficwvfimç tfj jiavijyvQsi JiQoaayoQsvsiv eimûaotr, èstei èç xov xouqw kiiOHfpmtn^ <piÀeïè<p* oif taùnpf oî Al^veç Syeiv èç âei tt^ soqj^ verofiùcaou Cf. I, 20, DnïDOiiP, p. 393, 397.
Réminiscences et survivances païennes, 215
Ce n'est donc point parce qu'un trait appartient à la fois à la mythologie et à la légende d'un saint qu'il faut voir dans le saint un dieu déguisé. H ne serait pas logique d'élever des doutes sur l'existence de saint G-eorges uniquement à cause de sa légende, et c'est s'avancer beaucoup que d'affirmer sans hésitation qu'en sa personne « l'église a converti et baptisé le héros païen Persée » i. Quand l'origine des sanctuaires de saint Q-eorges sera mieux connue, nous arriverons peut-être à replacer ce martyr sur le terrain de l'histoire, où les hagiographes ont compromis ses positions. On n'a point démontré, jusqu'ici, que son culte chez les chrétiens soit le prolongement de quelque (iévotion païenne.
La majorité des légendes hagiographiques ornées de quelques débris mythologiques se rapporte vraisemblablement à des saints qui n'ont pas autre chose de commun avec les dieux. Mais ce n'est pas une loi absolument générale. Quelques saints, très authentiques d'ailleurs, ont pris dans certains sanctuaires une physionomie si particulière qu'il est difficile de méconnaître, dans le culte qui leur était rendu, la survivance d'une croyance et d'un rituel païen. Quelle que soit l'histoire primitive des saints Cosme et Damien, on se les représente de bonne heure comme les successeurs des Dioscures, et les honneurs qu'on leur rendait, dans quelques sanctuaires, avaient des
1. E.-S. Habtlaitd, The Legend ofPerseus, t. ÏJl, London, 1896,
points de contaot avec des ouïtes préexistants ^ Les gens de mer earent aussi, pendant longtemps, une manière à eux d'honorer saint Nicolas ^ et saint Phocas 3 et de leur attribuer un rôle qui fait songer aux héros de l'antiquité. On pourra, si l'on veut, appeler ces saints les successeurs de Poséidon. L'image des saints protecteurs se sera insensiblement substituée à celle de la divinité marine, mais le phénomène est dû à des circonstances accidentelles, et pour avoir hérité d'un dieu, le saint n'en garde pas moins son individualité.
Mais il faut considérer un troisième cas, celui où la légende révèle purement et simplement la continuité d'une tradition religieuse, hier encore idolâtrique et superstitieuse, aujourd'hui chrétienne. H ne s'agit plus de savoir si un saint, connu d'ailleurs, a pris quelques traits ou même la physionomie générale d'une divinité, mais de rechercher, en étudiant les récits concernant un saint, si celui-ci n'est pas un dieu ou un héros païen mis sur les autels après un travestissement convenable.
Les distinctions que nous venons d'établir peuvent sembler quelque peu subtiles; elles nous paraissent