Acia 88., sept., t. VH, p
5. Acia 88.y mart., t. I, p. 757 ; Synoxarium ecclesiae Conêian. iinopolitanae, p. 308.
220 Les légendes hagiographiqties.
avait suffi à mettre en branle les imaginations populaires ^ Cette explication, combinée avec la tradition mythique, qui n'était point perdue alors et dont la vue des dauphins pouvait suggérer le souvenir, n'est pas absolument à rejeter. Mais elle a le tort d'être une pure hypothèse mise en avant pour les besoins de la cause. Nous n'avons, en effet, aucun renseignement sur les ornements du sarcophage de saint Lucien.
Une autre explication a été proposée, quia l'avantage de reposer sur un fait *. Saint Lucien fut martyrisé à Nicomédie ; sa basilique se trouvait non point dans cette ville, mais à Hélénopolis, à l'autre bout du golfe. La translation du saint corps ne laissa probablement pas de souvenir dans la mémoire du peuple, qui, plus tard, expliqua cette anomalie par un de ces procédés qui lui sont familiers. H eut recours à une intervention merveilleuse dont la tra^ dition lui fournissait des exemples.
Mais la présence du dauphin dans la légende de Nicomédie a suggéré à l'école mythologique des considérations bien plus profondes.
Bemarquez, nous dit-on, l'insistance avec laquelle le nombre 16 est ramené autour du nom de saint Lucien. Oublions — c'est néanmoins un curieux
1. P. Batiffol, Étude d*hagiographie arienne, La passion de saint Lucien d^Antioche, dans CoTnpte rendu du Congrès sdeniifigue inismational des caihoàgues, Bruxelles, 1894, t. Il, p. 181-186.