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reste, en outre, à démontrer que la grande fête du dieu coïncidait avec le lendemain de l'Épiplianie chrétienne, jour du martyre de saint Lucien. Car, ni sa légende, ni aucun texte historique n'ont fourni jusqu'ici la preuve de cette assertion.

La légende de sainte Pélagie a été le point de départ d'une enquête infiniment plus laborieuse, conduite d'après les mêmes principes, et dont les résultats, acceptés par beaucoup de savants, qui n'ont pas cru devoir les discuter davantage, sont bien inattendus. On prétend avoir découvert que, sous une forme, il est vrai très épurée, l'église continue à offrir ses hommages à Aphrodite, à Vénus, à la déesse du plaisir charnel et de la fécondité animale.

Pélagie, appelée aussi Margarito, pour la richesse de ses bijoux ornés de perles, était la plus célèbre et la plus débauchée des ballerines d'Antioche. Un jour, elle entre à l'église pendant que l'évêque Nonnos exhortait les fidèles. Touchée de la grâce, elle demanda le baptême, et en quittant la robe blanche des nouveaux baptisés, elle prit un cilice et une tunique d'homme, sortit secrètement d'Antioche et se retira à Jérusalem, au mont des Oliviers. Elle y vécut, dans une petite cellule, sous le nom de Pelage, durant trois ans, après quoi elle alla recevoir la récompense de sa vie pénitente. L'église grecque célèbre sa fête le 8 octobre.

Sous cette forme^ et dans son isolement, l'histoire de Pélagie n'ofire rien de bien invraisemblable, et

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on aurait beaucoup de peine à en tirer des conclusions favorables à une survivance mythologique. Mais on la compare à d'autres légendes avec lesquelles elle constitue un ensemble dont l'origine et le caractère païens sont manifestes, à ce que l'on assure.

D'abord, à la même date du 8 octobre, il est fait mémoire d'une autre Pélagie d' Antioche, une vierge martyre, dont saint Jean (Thrysostome a raconté la fin héroïque dans un panégyrique prononcé en son honneur.

Le même jour encore rappelle le martyre d'une troisième Pélagie, celle-là de Tarse, qui préféra le supplice du feu dans un taureau d'airain à l'amour du fils de l'empereur ^.

Pélagie de Tarse se retrouve sous le nom d'Anthusa à Séleuoie, le 22 août, avec une histoire ^ dont les péripéties, sinon le dénouement, rappellent la précédente.

Sainte Marine d'Antioche, en Pisidie, chez les Grecs, le 17 juillet ^, sainte Marguerite d'Antioche, chez les Latins, le 20 juillet ^, souffrent la mort,

1. Les trois légendes résumées dans 8ynaxa/riumeccle8iaeC<m9' tantinopùUtanae, p. 117-120. Les sources dans Bibl. hag, graee,^ p. 105-106.

2. Publiée par H. UssinsB, dans les Anàleeta BoUandianOy t. XII, p. 10-41.

8. H. UsBiTSB, Aeta aanetue Marinae et ChriêtopMrif Bonn, 1886. p. 15-46.

4. Les différentes rédactions de la passion de sainte Marguerite, Bibl hag, lat, 5308-6810.

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comme Pélagie de Tarse, pour avoir méprisé les avances du juge, le préfet Olybrius.

On reconnaît facilement les attaches d'un autre groupe de saintes avec les précédentes.

Sainte Marguerite, honorée le 8 octobre, quitte la chambre nuptiale déguisée en homme. Elle s'enfuit dans un monastère, où eDe vit sous le nom de Pélagius. Accusée d'avoir séduit une religieuse, elle subit la peine de cette faute qu'elle n'a pu commettre. Son innocence n'éclate qu'à sa mort. On lui donne le nom de Reparata i.

Maria, ou Marina (12 février), entre également dans un monastère d'hommes sous un déguisement. Un jour, en voyage, la fille d'un hôtelier accuse le prétendu moine de l'avoir rendue mère. Marina est chassée du monastère et obligée de garder l'enfant. La rigueur de sa pénitence lui rouvre les portes du couvent. Après sa mort seulement, on reconnaît qu'elle a été victime d'une calomnie *.

Sainte Eugénie (24 décembre) gouverne en qualité d'abbé un monastère d'hommes. Elle est faussement accusée par une femme au tribunal de son père, préfet d'Egypte ^. C'est aussi en Egypte que nous rencontrons une sainte Apollinaria (6 janvier), qui se cache sous le nom de Dorothée et à qui arrive une aventure identique *.

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