Actofiffif.,feb.,t.I,p
8. Acta 88,, ian., t. II, p. 87. Cf. Singer, 8alomo8agenX c, p. 185.
Materne à Eodenkirclien; de saint Emmeram à Batisbonne, de la ceinture de la sainte Vierge à Prat©, du Volto Santo à Luoques i.
Ces transports miraculeux de crucifix, de madones, de statues de saints sont particulièrement nombreux en Sicile, comme des recherches récentes l'ont démontré *. Une enquête analogue donnerait probablement des résultats tout aussi abondants pour d'autres contrées 3. En Istrie, on rattache à un fait du même genre la fondation de Févêché de Pedena par Constantin ^.
Les Grecs n'ont point oublié d'introduire dans
nés de Saint-Germain qui se voient dans Timpossibilité déporter plus loin leur précieux fardeau. P.-V. Bbts, Histoire de Tirlemont, Louvain, 1861, t. H, p. 88. C'est aussi le cas des reliques de saint Georges dans Grégoire de Tours, In gloria martyrum, c. 101.
1. Les textes ont été réunis par H. Usexer, Die Sintflutsagen^ Bonn, 1899, p. 136-137.
2. G-. PiTRÈ, Feste patroncUi in Sicilia, dans Biblioteea deUe tradizwni popolari Siciliane, t. XXI, Torino-Palermo, 1900, p. xx-xxn.
3. Sur le crucifix miraculeux de Hoboken près d'Anvers, voir P.-D. KuTL, Hoboken en zijn wonderdadig kruiabeeld, Antwerpen, 1866, p. 147-156 ; sur une légende locale de saint Désiré (Allier), J. Stramoy, La légende de sainte Agathe, dans Bévue des traditions populaires, t. XIH, p. 694 ; sur l'arrivée des reliques de saint Thomas à Ortona, A. De Nino, Usi e cosiumi Abruzzesi, t. IV, Firenze, 1887, p. 151. La légende de saint Bainier de Bagne, ibid,, p. 162-163, peut être également rappelée ici. A citer un travail récent de M. F. de Mély, Vimage du Christ du Sancta Sanctorum et les reliques chrétiennes apportées par les flots, dans Mémoires de la Société des Antiquaires de France, YU* série, t. m, Paris, 1904, p. 113-144.
4. Mauzuoli, Vite et fatU de'' santi et beati delV Istria, Yenezia, 1611, p. 107-112.
Le travail de la légende. 37
leurs vies de saints un motif déjà populaire chez leurs ancêtres. Le panégyriste de saint Théodore le Sycéote y a eu recours en prêtant môme une voix à l'animal pour déclarer expressément la volonté du saint de reposer au lieu qu'il s'était choisi ^ Les bœufs qui conduisent saint Cyrille de Gortyne au supplice s'arrêtent aussi à l'endroit voulu sur un ordre venu du ciel *, et l'on sait le rôle attribué aux chameaux dans l'histoire de saint Menas l'Égyptien ^.
Nous n'en finirions pas de dresser la liste des lieux communs usités en hagiographie. On a déjà pu renlarquer, par des exemples, que quelques-uns remontent à une très haute antiquité. C'est un point sur lequel on ne saurait trop insister. Une foule de motifs légendaires épars dans la Vie des saints, dans les histoires de fondations de sanctuaires célèbres ou les relations concernant l'origine de certaines images miraculeuses se rencontrent déjà dans les classiques. Les anciens eux-mêmes auraient eu de la peine à en indiquer la provenance. Pour eux comme pour nous, ils étaient la feuille légère qui flotte dans l'air et que le vent transporte au loin .
L'image ou la lettre descendue du ciel, l'achéropite ou l'image non faite de main d'homme ne sont point une invention des conteurs chrétiens. La