‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 120 sur 129 · Cf. MéUisme, t. III, 1887, p. 503; voir aussi G. Rosch · texte numérisé non relu

Cf. MéUisme, t. III, 1887, p. 503; voir aussi G. Rosch

liéminiscences et survivances païennes, 239

On a voulu faire descendre du type des déessesmères gauloises, oc par l'intermédiaire de types gallo-romains d'une facture plus savante et d'une expression déjà virginale, » celui des madones du xin« siècle ^ Ces intermédiaires seraient les statue» représentant les déesses sous la foime d'une femme assise donnant le sein à un enfant. Qui ne voit qu'un pareil groupe peut très bien faire naître l'idée de la Mère de Dieu, et qu'il ne serait pas étonnant que nos ancêtres y eussent parfois été trompés ? Mais ils avaient si peu besoin d'un modèle pour représenter la Vierge dans cette attitude, que c'est précisément celle de la plus ancienne madone connue, peinte sur une paroi de la catacombe de Priscille ^.

De ce que l'on représente Horus à cheval perçant

Astarte^Mariay dans Theologisehe Studien und Kritiken, t. LXI, 1888, p. 265-299.

1. J. Baillbt, Les Déesses-Mères d'Orléans, Orléans, 1904, p. 14.

2. U est plus étonnant que des archéologues distingués aient trouvé le moyen de se tromper sur la signification d'une stèle égyptienne représentant Isis allaitant Horus. M. Gaybt, Les monuments coptes du musée de BouZaq, dans les Mémoires de la mission archéologique du Caire, t. III, pL XC, et p. 24, y a reconnu, sans hésiter, la Vierge allaitant l'enfant divin, tout en tenant compte, « de ce que cette représentation doit appartenir aux premiers temps de l'évolution copte, alors que la manière anti-" que était encore puissante. 9 G. Ebebs, SinnbUdliches, Die Koptisehe Kunst, etc. Leipzig, 1892, a adopté cette explication. Mais il a suffî à M. C. Sohmidt de retourner la pierrt, dont le revers a servi à inscrire une épitaphe chrétienne pour rayer la stèle de la série des monuments coptes et la restituer au culte d'Isis et d'Horus. C. ScHMmT, JJeber eine angehUche àltkoptische Madonna- DarsteUung, dans Zeitschrift fUr aegyptische Sprache, t. XXX ITT, 1895, p. 68-62.

de sa lance un crocodile^ il ne faut pas se hâter de conclure que saint Georges, que Ton représente également en cavalier, tuant le dragon, est identique à la divinité égyptienne ^ Outre que la plupart des saints guerriers ont été représentés à cheval ^ et que la vue de n'importe quelle statue équestre pouvait suggérer ce type iconographique, la légende de saint Georges, vainqueur du dragon, légende sans attache aucime avec celle du dieu Horus, devait amener les artistes chrétiens à donner à l'image du saint la forme désormais consacrée. Saint Menas avec les deux chameaux, ses compagnons obligés, fait songer à Horus et ses crocodiles. Il se peut fort bien que les sculpteurs coptes se soient inspirés d'une représentation aussi répandue pour créer le type populaire du grand martyr. Mais il n'est pas nécessaire pour cela de le transformer en divinité païenne et d'en faire je ne sais quel remplaçant de Horus ^. Les origines classiques du type de saint Pierre assis sur un trône portant d'une main les clefs et bénissant de l'autre sont indéniables ^. Saint Pierre renfcre-t-il pour cette raison dans la catégorie des personnages représentés dans une attitude semblable ?

1. Cleemont-Q-anneau, Sorus et saint Georges, dans Bévue archéologique, N. S., t. XXXH, 1876, p. 196-204, 372-399, pi. XVTX

2. Voir J. Stbzygowski, Der koptische JReiterheilige und der hl. Georg, dans Zeitschrift fur aegypiische Sprache, t. XL, 1902, p. 49-60.

3. A. WiEDEMAKN, Die Darstellungen auf den Eulogien des tieiUgen Menas, àa.na Actes du sixième Congrès des OrientdUstes, t. IVjLoidt, 1885, p. 159-164.

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