L. DucHESNB, Le Forum chrétien^ Borne, 1899, p
3. S. Beinach, Les monuments de pierre brute dans le langage et les croyances populaires^ dans Revue archéologiquCf 3* série, t. XXI, p. 224.
Le travail de la légende. 49
de monuments mégalithiques; aient été christianisées; et que la sainte Vierge et les saints aient été substitués aux héros de légendes païennes, cela est fort indifférent ; que saint Corneille, plutôt qu'un autre, en transformant en pierres les soldats du roi Adar, ait crée les alignements de Carnac et d'Erdeven ^ ; que ce soit une fée, plutôt que sainte Frodoberte, qui laissa tomber près de l'étang de MaiUard, dans le département de Seine-et-Marne, des pierres devenues inutiles pour une construction *, la tradition populaire n'en subsiste pas moins toujours identique, toujours accusant le niveau intellectuel d'une âme enfantine.
n ne faut pas oublier que souvent des localisations très précises ont une origine purement littéraire. A Vérone, où Roméo et Juliette n'ont vécu que dans l'imagination des poètes ^, on indique au voyageur et leur palais et leur tombeau ; les deux châteaux en ruine qui se dressent sur les collines des environs sont devenus ceux des Cappelletti et des Montecchi -*. Ne montre-t-on pas en Alsace la forge que