S. Beinach, 1. cit., p
2. Ihid., p. 354. — Un grand nombre d'empreintes merveillenses ont été relevées en Italie par divers savants, qui ont publié lenrs notes dans VArchwio per lo studio délie Tradizioni popolari, t. XXTT, 1903, p. 128, et les années précédentes. Beaucoup de ces empreintes sont attribuées à divers saints populaires.
3. L. Fbankel, Unter8t*chungen zur Entwickelungsgeschichte des 8toffes von Romeo und JuUa^ dans Zeitschrift fwr v&rgUiéhende Litteraturgêsehichte, N. F., t. III, 1890, p. 171 et suiv., t. IV, p. 48 et fluiv.; G-. Bbogvoligo, La leggenda di ChiuUetta e Bomeoy dans GiornàU lAgustico, t. XIX, 1892, p. 423-439.
4. Les Cappelletti et les Monteochi seraient d'ailleurs, dans la
Schiller a « immortalisée » par sa ballade de Fridolin et le château des comtes de Saveme, qui pourtant n'ont jameds existé ^ ? On le voit par cet exemple, les traditions de cette espèce ne requièrent pas un bien long espace de temps pour germer et s'épanouir. Le théâtre du vieux conte mis en vers par Schiller, «n 1797, n'avait jamais été jusque-là placé en Alsace. Il suffit que cette version devînt populaire pour se matérialiser aussitôt et se localiser d'une façon tout à fait précise.
De ce transfert topographîque déterminé par les légendes, il n'y a pas moins d'exemples en hagiographie. A Sofia (Sardica), près de l'église Sainte- Petka (Parasoeve), se voit un vieux tronc d'arbre à moitié engagé dans la muraille et portant de nombreuses entailles. Le peuple l'appelle « l'arbre de I saint Thérapon » et croit que, près de cet arbre, le saint souflfrit le martyre. Le 27 mai, jour de sa fête, on s'y rend en pèlerinage, et on tient à emporter quelques parcelles de l'arbre sacré, auquel on attribue des vertus spéciales. Or, saint Thérapon ne mourut pas à Sardique ; il était originaire de Sardes, et, à ce que raconte sa légende, de la terre imbibée
pensée de Dante, des types, et nullement des personnages historiques. !R. DAYiDSOHir, Die Feindêchaft der Montecchi tmd Cappdletti ein Irrtumy dans Deutsche Bundschau, décembre 1903, p. 419-428. — Le 8 juillet 1905, la maison « historique » dite de Juliette a été achetée par la municipalité de Vérone. Voir le Times du 10 juillet 1905.
2. W. Hertz, Deutsche Sage im Elsass, Stuttgart, 1872, p. 278 et «uiv.
Le travail de la légende. 51
de son sang s'éleva un grand chêne. Ce chêne, toujours vert, lisait-on, se voit encore aujourd'hui et il guérit toutes les maladies ^ La confusion entre Sardique et Sardes une fois accomplie, on eut vite fait de transporter, avec le nom de la ville, l'arbre miraculeux ^.
Faut-il insister beaucoup pour faire comprendre combien est illusoire le procédé qui consiste à tracer l'itinéraire d'un saint au moyen des jalons plantés par la légende ? Si on l'a parfois essayé, ce n'a point précisément été au grand profit de l'histoire '.
L'imagination populcdre ne s'est pas seulement exercée sur les pierres brutes et les édifices. Les monuments figurés mal compris ont été le point de départ d'ime foule de légendes bizarres -*. Un poète est représenté le pied posé sur un grand livre : c'est le plus savant des hommes, car il sait lire par les pieds 5. Les deux beaux groupes de Monte-Cavallo