‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 40 sur 129 · Voir DucHESNE, Le Liber pùntificaHs, 1. 1, p. c-ci · texte numérisé non relu

Voir DucHESNE, Le Liber pùntificaHs, 1. 1, p. c-ci

3. Analecta BoUandiana,t, XVI, p. 239; Dufoubcq, Les Qesta des martyrs romains, p. 24 et suiv.

phea durent renoncer à s'appuyer sur la tradition écrite, laquelle n'existait point.

Une autre source d'information, c'est la tradition orale : rapports de témoins oculaires ou contemporains, relations de témoins indirects, récits qui circulent dans le peuple, en un mot, tout élément historique ou légendaire non écrit, utilisable par le rédacteur d'une vie de saint. H est arrivé sans doute aux hagiographes de recueillir des renseignements précieux de la bouche de témoins autorisés. Mais combien plus souvent ont-ils dû se contenter d'une tradition altérée par une longue transmission! Nous avons vu plus haut les déformations inconscientes que subit un fait conservé dans la mémoire du peuple et de quels étranges accroissements l'histoire d'un héros s'enrichit parfois. L'hagiographe se trouve fréquemment en présence de récits légendaires, les seuls, bien souvent, que la tradition orale lui fournisse.

n est à peine besoin de faire remarquer qu'il n'est pas toujours aisé de déterminer l'exacte provenance des traits légendaires qu'un hagiographe s'est appropriés. Us peuvent lui avoir été fournis aussi bien par la tradition littéraire que par la tradition orale ; souvent même il peut avoir tiré de son propre fonds ce que nous serions tentés de regarder comme le résultat d'une élaboration collective. Ne faut-il pas que ce que tout un peuple finit par dire ait été énoncé d'abord par un individu? et pourquoi l'homme qui le premier formule un trait légendaire ne serait-

Le travail des hagiographes, 85

il pas rhagîographe qui tient la plume ? C'est toujours avec cette réserve qu'il faut parler de la tradition orale que nous recueillons dans les documents écrits.

La tradition figurée ne doit pas être négligée, car elle joue un rôle important en hagiographie. Les artistes vont, en général, chercher leurs inspirations dans la tradition écrite ou dans la tradition orale. Mais, à leur tour, ces deux sources vont s'alimenter aux créations des peintres et des sculpteurs, qui savent leur rendre, transformées, les idées qu'ils leur avaient empruntées. Nous savons avec certitude que certains auteurs de légendes se sont directement inspirés des peintures ou des mosaïques qu'ils avaient sous les yeux, Prudence, par exemple, décrivant le martyre de saint Hippolyte ^ Le panégyrique de sainte Euphémie par Astère d' Amasée n'est autre chose que la description d'une série de fresques ^ et dans le panégyrique de saint Théodore attribué à Grégoire deNysse, l'orateurappelle l'attention de son auditoire sur les peintures de la basilique ^. Plus d'une légende, nous le verrons, doit son origine à une fantaisie d'artiste, à l'explication erronée d'un détail d'iconographie.

Quelques hagiographes ont fait de la tradition figurée un usage assez inattendu. Un certain nombre de biographies de samts illustres se terminent, dans

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