Analecta BoUandiana, t. XIII, p
3. Un récit de la translation des trois martyrs, cité par le prêtre Léon dans le prologue de la passion des saints Buf us et flespioius, est perdu. A. ^Ai^Spicilegivm Bomanum^ t. IV, p. 292. Un vieil auteur prétend que les corps furent donnés par Honoriu8 m à la basilique de Sainte-Marie Transpontine. A Mas- TELLONi, La Traspontina, Napoli, 1717, p. 93.
Ils étaient aussi, on l'admettra sans peine, épigraphistes médiocres. Il leur arrivait de traduire le classique Bfonae] Mfemoriae] par Bfeati] Mfartyres] ^ Parfois ils lisaient sur une épitaphe d'évêque le mot sanctuSj qui n'était autrefois qu'un titre d'honneur équivalent à c Sa Sainteté > ou, comme nous dirions, « Sa Grandeur », et il ne se trouvait personne pour leur dire que, à l'époque où ces inscriptions furent placées, le mot n'avait point la portée qu'ils lui attribuent et qu'il n'a acquise que plus tard. Des erreurs de ce genre ont valu à plus d'un personnage obscur les Honneurs d'une canonisation facile 2. Mais ce sont là des erreurs qu'on n'éviterait pas toujours dans le siècle du Corptis inscriptionum.
Il n'est arrivé que trop souvent que l'épigrapbie ait tendu aux hagiographes des pièges que nous trouvons bien grossiers, mais dans lesquels ils se sont
1. Voir un exemple dans G. Finazzi, DeUe iscrizioni criattane anteriori al VII aecolo appartenenti alla chieaa di Bergamo, Pirenze, 1873, p. 16, 30, 41 ; A. Mazzi, I martiri deUa chieaa di Bergamo, Bergamo, 1883, p. 14. Nous avons donné d'autres exemples du même genre dans l'article 8aint Cassiodore dans Mélangée Paul Fabre, p. 40-50. Quelques douzaines d'inscriptions portant, avant le nom du défunt, les sigles B. M., ont fourni aux érudits de la Sardaigne autant de martyrs. Ainsi Hic iacet b. m. Speratug, était lu par eux Hic iacet beaius martyr Speratus et ainsi de suite. L'intéressante galerie épigraphique constituée d'après ces principes se voit dans D. Bonfakt, Triumpho de lo8 santos dd regno de C&rdena, En Caller, 1635, in-f ol.
2. Nous avons traité cette question dans les Anàlecta Bollan- Jtana, t. XVni, p 407-411.
Le travail des hagiographes. 96
empressés de tomber ^ Voici l'épitaphe d'une vierge qualifiée de digna et mérita^ formule épigrapldque qui fut quelque temps en usage. Or, il existait une sainte Emerita, qui fut reconnue dans la seconde des deux épithètes. La première devint tout naturellement le nom d'une autre sainte, Digna, la compagne d'Emerita, et de ces deux nobles sœurs on raconta une histoire fort dramatique et très circonstanciée ^. De l'inscription damasienne en l'honneur des saints Félix et Adauctus, mal comprise, on réussit à tirer un roman hagiographique d'une rare invraisemblance, qui supposait l'existence de deux frères martyrs qui portaient tous deux le nom de Félix 3. Une fausse interprétation d'une autre inscription damasienne ^ a fait naître la légende des orientaux venus à Rome pour enlever les reliques des apôtres Pierre et Paul. Discipvlos oriens
1. n ne fallait souvent qu'un mot, moins qu'un mot, pour créer les légendes les plus extraordinaires. L'inscription C. luUua. L, F, Caesar, 8trabo. aed, cur, q, tr, mil, bis, X, vir agr, dand. adtr, iud, pontif, {CIL,, t. I, p. 278) : les deux derniers mots furent traduits IVD (aeorum) PONTIP (ex), et Ton songea au traité d'amitié entre les Juifs et les Bomains quod reseripserunt in tàbulia aereis (I Mach., vin, 22). De là ce renseignement si précis dans les MvrahiUa (voir JoKDÀJX^Topographie der Stadt Bom, t. n,p. 470-471) : In mwroS.BasiUifuit magna tabula aenea,ubi fuit acripta amieitia in loco bono et notabiU, quae fuit inter Bomanoê et ludaeos tempore ludae Machabaei, A remarquer que l'inscription en question n'était nullement gravée sur le bronze, mais sur une plaque de marbre.