Acta SS., ian., t. H, p
étaient frappés d'impuissance, c On a dit que Tépée étant le signe du pouvoir dans la société^ Dieu permit qu'elle ne fut point arrêtée par sa providence, qui veut l'ordre public avant tout comme garantie de cent autres intérêts. Mais ne pourrait-on pas dire aussi que c'était comme une réprobation céleste des inventions barbares auxquelles recouraient les tyrans dont la haine n'était pas satisfaite par une simple mort des chrétiens ^ ? » Tout en tenant compte de la douceur relative des lois romaines, il ne faut pas nier la cruauté de certains persécuteurs. Mais le problème que l'on cherchait à résoudre était-il bien posé, et n'est-ce pas aux hagiographes, obligés, malgré tout, d'en finir avec les péripéties et de faire mourir leur héros, qu'il fallait adresser la question ? Le dénouement naturel du drame était le supplice classique : la mort par le glaive.
La composition de la vie d'un saint qui n'est point martyr est soumise à des lois analogues, lorsque l'auteur veut s'en tenir à la méthode d'amplification. Le récit sera nécessairement moins dramatique et moins intéressant ; mais le plan peut s'étendre plus facilement. Si l'on désire une biographie bien complète, la vie du saint aura trois parties. Avant sa naissance : sa patrie, ses parents, sa future grandeur miraculeusement annoncée ; sa vie : l'enfance, la jeunesse, les actions les plus importantes de l'homme fait, les vertus, les miracles ; culte et miracles après