‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 64 sur 129 · Les Actes des martyrs f p · texte numérisé non relu

Les Actes des martyrs f p

Classification des teodes hagiographiques. 139

raient être rejetés dans leur ensemble, pour offrir quelques traits peu rassurants ^ >

Autant que personne, j'admire la vaste érudition de Le Blant et la patience exemplaire avec laquelle il a poursuivi, à travers une littérature trop souvent insipide, les vestiges, parfois peu reconnaissables, qu'y a laissés l'antiquité. Mais il faut bien le dire, l'idée même qui a présidé à son travail est fausse et de nature à égarer les chercheurs. En effet, pour qu'un récit interpolé ou paraphrasé ait quelque valeur, il doit dériver d'une source historique dont la trace puisse se reconnaître ; les emprunts purement littéraires peuvent remonter très haut sans lui conférer le moindre degré d'autorité. On a fait, de tout temps, des centons de Virgile. Voyez à quelles conclusions l'on aboutirait si l'on voulait tirer avantage de l'antiquité de leurs éléments. De ce que l'on rencontre dans certaines passions des façons de s'exprimer correctes au point de vue juridique, on peut conclure parfois que l'auteur vivait à une époque où les formes antiques n'étaient point tombées en désuétude ; le plus souvent, il faudra dire qu'il avait lu un modèle ancien, qui lui a fourni des expressions bien choisies et des phrases techniques. Mais on se tromperait si l'on voulait de ce seul fait déduire qu'il a travaillé sur une source historique et que son récit dérive d'un récit contemporain des événements.

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