‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 86 sur 129 · Ovide, Fast, IV · texte numérisé non relu

Ovide, Fast, IV

2. Coulitz-Bbchtel, Scmmbmg der griechiachen Diatekt-Inschriften, n. 3339-3341 ; P. Cawadias, To Ugàr lov ^AaxXrjmoB iy EniôavQqt, Athènes, 1900, p. 256-267. J

ment à suivre. Le rituel parfois assez compliqué qui servait de préparation n'était qu'une condition pour se rendre la divinité propice.

Parmi les documents que l'on a réunis au sujet de l'incubation chrétienne ^, il faut mettre en première ligne les recueils de miracles des saints Cosme et Damien et des saints Cyr et Jean. Il est difficile de n'y point relever une foule de traits rappelant l'incubation telle qu'elle était pratiquée dans les temples d'Esculape. Les saints apparaissent aux patients durant leur sommeil et les guérissent ou leur prescrivent des remèdes. Eien n'indique pourtant que, dans ces sanctuaires chrétiens la pratique de l'incubation ait été régulièrement organisée, comme à Épidaure, et qu'il y ait autre chose ici que des cas isolés. •

Sans vouloir contester le fait de la survivance, dans quelques basiliques, d'un rite présentant incontestablement un côté superstitieux, nous ne pouvons point perdre de vue le caractère très spécial des documents qui nous renseignent sur cette matière. Cestun fait reconnu que les grands recueils de miracles que nous a légués le moyen âge sont des compilations où les matériaux les plus disparates se trouvent mêlés sans discernement et qu'il ne faut, par conséquent, exploiter qu'avec la plus extrême circonspection.

1. L. Deubkeb, De incuhatione eapita quatuor, Lipsiae, 1900, 138 pages.

^ La littérature hagiographique grecque est notablement moins riche que la latine en collections de ce genre. Maiscelleg qu'elle possède dépassent de beaucoup les autres en invraisemblance et en bizarrerie. H n'est pas douteux qu'une étude attentive de leurs sources n'amène à y découvrir une foule de réminiscences païennes et même de formelles adaptations. Un des recueils les plus célèbres est celui des miracles de saint Menas, attribué à Timothée d'Alexandrie ^ Tillemont, qui n'en connaissait qu'une sorte d'édition réduite comprenant seulement cinq miracles*, déclare que « le premier est tout à fait étrange; le second, un peu moins ; le troisième et le quatrième ne sont pas mauvais^ et le cinquième scandaleux au dernier point ^. Tillemont n'avait pas été le premier à se scandaliser, et les rédacteurs des menées ^ n'ont pas cru pouvoir admettre le récit dont il s'agit sans de fortes retouches. La donnée de ce prétendu miracle n'est certainement pas chrétienne, abstraction faite de la bouflfbnnerie de la mise en scène. L'histoire a pour titre : Le paralytique et la femme muette. Le saint ordonne en songe au paralytique de partager la couche de la muette, et c'est dans l'accomplissement de cet ordre que, sous l'empire de l'émotion et de la surprise, l'un retrouve l'usage de ses membres, l'autre la parole.

1. Publié par J. Pomjalovsku, Vie de saint Païsioa le grand,,^ [en russe], Samt-Pétersbourg, 1900, p. 62-89.

2. Mémoires pour servir à l'histoire eccle'sias tique, t, V,p. 760. B. A la date du 11 noTembre.

Béminiscences et survivances païennes. 176

Cette anecdote rappelle trop certaines guérisons plaisantes d'Esculape pour ne pas avoir de relations avec les ta/utara du dieu. Ce qui prouverait d'ailleurs qu'elle n'a aucun point d'attache avec saint MénaS; c'est qu'elle se lit, avec des détails identiques, dans le livre des miracles des saints Cosme et Damien ^ Quant à ceux qui répugneraient à l'idée d'une dépendance littéraire entre des miracles chrétiens et les procès- ver baux des cures merveilleuses opérées par l'invocation d'Esculape, il faut leur signaler quelques exemples certains de prodiges identiques de part et d'autre et remontant à la même source. Le miracle de la coupe cassée, attribué à saint Laurent par Grégoire de Tours *, se lit, presque sous la même forme, sur l'une des stèles d'Epidaure*. L'histoire merveilleuse de la tête coupée, racontée sur les mêmes stèles, est une rédaction d'un récit plus ancien ^ ; elle a également été adoptée par des conteurs chrétiens malgré son caractère profondément ridicule*.

Les rédacteurs des livres de miracles ont largement usé del'empnmt et de l'adaptation, et ce n'est qu'après

1. WAKGKEBECKius-DEHinus, St/ntagmatis historici de tribus sanctorumCoamae etDamiani nomineparibua paries duœ, Yiennae, 1660, p. 481-483.

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