‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 87 sur 129 · Voir O. Ceusius, dans Mélusine, t. V, p · texte numérisé non relu

Voir O. Ceusius, dans Mélusine, t. V, p

5. P. Pebdbizet, dans Eevue des études anciennes, t. H, 1900, p. 78-79. Cf. Mélusme, t. V, p. 97-100.

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une vaste enquête sur les sources dont ils dépendent que l'on pourra les employer comme documents historiques. Dans l'état actuel des recherches, il n'y a guère moyen de discerner ce qui leur appartient en propre. Ce n'est dès lors qu'avec de prudentes restrictions que l'on peut les invoquer comme témoins de l'usage qui nous occupe.

U est donc fort difficile de dire jusqu'à quel point l'incubation, qui paraît avoir été pratiquée dans certaines basiliques, a conservé tous les caractères de l'incubation païenne, et nous ne savons pas si l'église a formellement admis ce rite en certains endroits, en essayant de le christianiser. Mais il est bien certain qu'on en a beaucoup exagéré la diflfusion dans le monde chrétien. En effet, la plupart des exemples que l'on fait valoir n'ont pas plus de rapport avec l'incubation que l'histoire deEédemptus, évêque de Ferentino, rapportée par saint Grégoire en ces termes :

€ Quadam die dum parochias suas ex more circuiret, pervenit ad ecclesiam beati Eutychii martyris. Advesperascente autem die, stratum fieri sibi iuxta sepulcrum martyris voluit, atque ibi post laborem quievit. Cum nocte média, ut asserebat, nec dormiebat, nec perfecte vigilare poterat, sed depressus, ut solet, somno, gravabatur quodam pondère vigilans animus ; atque ante eum idem beatus martyr Eutychius adstitit, dicens : Eedemte, vigilas ? cui respondit : Vigilo. Qui ait : Finis venit universae camis, finis venit universae camis, finis venit universae

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camis. Post quam .trinam vocem visio martyris, quae mentis eius ocolis apparebat, evanuit ^ »

Remarquez que l'évêque, sans s'attendre à une vision, fait tout simplement dresser son lit dans la basilique du martyr. H n'y a là ni rite ni observance. Sauf l'apparition, qui est tout accidentelle, le fait est de ceux qui arrivent communément encore dans les pays de mission. L'évêque et le prêtre sont souvent obligés de passer la nuit dans la pauvre chapelle du village où les amènent leurs courses apostoliques. Dans d'autres textes, il s'agit de malades qui ne quittent point le tombeau du saint avant d'avoir été exaucés. Us s'y endorment, et la guérison leur arrive, avec ou sans vision, durant le sommeil. Dans tout cela, il y a quelques traits communs avec l'incubation ; l'ensemble des pratiques, l'institution elle-même, n'y paraissent point.

L'étude des pratiques superstitieuses dont on a constaté l'existence dans certains sanctuaires dédiés à des saints très populaires doit être menée avec plus de discernement et de sens critique qu'on n'en rencontre généralement chez les folkloristes, qui se sont donné la mission de recueillir les documents pour les historiens. La précision de leurs renseignements est souvent plus apparente que réelle, et certains d'entre eux pratiquent, avec une maîtrise incontestable, l'art des rapprochements forcés.

n s'agit, par exemple, du rite qui consiste à se

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