‹ Les légendes hagiographiquesChapitre 90 sur 129 · In gloria confeaaorum,, XXXVI · texte numérisé non relu

In gloria confeaaorum,, XXXVI

2. De vi/rtutihus 8. Martini, IV, 2. — Tous ces exemples cités par Gaidoz, op. cit., p. 36-37.

3. Voir, par exemple, les études de Weinhold sur les vestiges, dans diverses pratiques superstitieuses, de la nudité rituelle, Zum h&idnischen Bitus, dans Abhandlungen der k, Akademie der Wissenschaften zu Berlin, 1896, I, p. 1-50.

1212, quitte brusquement Montpellier, effrayé d'avoir vu voler à sa gauche l'oiseau de saint Martin ^, ne relève ni de l'hagiographie, ni de l'histoire des religions, mais se rattache directement à l'histoire des superstitions, tout comme la < sinistra comix > de Moeris dans Virgile. Il en est de même des pratiques d'astrologie ^ ou des formules d'incantation ^, dans lesquelles on s'étonnerait de voir figurer des noms de saints, si l'on ne savait que l'incohérent et l'absurde sont la caractéristique de toutes les manifestations de la crédulité populaire. Mais cet aspect de la question ne doit pas nous occuper en ce moment. Ce qui nous intéresse, c'est de savoir en quels

1. PiEBBE DE Vaux-Cebfat, HUt Albigensium^ n. 47, Bouquet, t. XTX, p. 43 : < Yiderat enim qnandam avem, qnam indigenae Yocant avem sanoti Martini, ad sinistram yolantem, et perterritos fuit valde. Ipse enim, more Sarracenorum, in volatu et cantu avinm et ceteris auguriis spem habebat. »

2. Dans un recueil de pronostics publié par MM. D.BASsiet E. Mabtiki, Catalogua codicum astrologorum graecomm, Codd. liai,, Bruxellis, 1908, p. 158-169, on recommande l'invocation des saints Etienne, Thècle, Michel, Parascévé, Georges, Irène, Cosme et Damien, Catherine, Démétrius, Anastasie, la sainte Croix, sainte Anne, la sainte Vierge, saint Nicolas, sainte Barbe, saint Pantaléon, saint G-régoire. Ce sont, à ce qu'il semble, les saints dont les noms avaient été donnés aux astres dont on tirait des pronostics.

S. En Egypte, on a rencontré plus d'une fois les noms des Sept Dormants d'Éphèse et des Quarante martyrs de Sébaste mêlés à des formules magiques. B. PiETSCHMAim,Xe9 insûriptiona coptes de Fa/raa, dans Recueil de travaux relatifs à la philologie et à Varchéologie égyptiennes et assyrienneSjt, XXI, 1899, p. 175-176. Voir aussi W. Pleyte et P. A. Boeseb, Manuscrits coptes du musée d'antiquités des Pays-Bas, Leide, 1897, p. 441-486.

Réminiscences et survivances païennes. 181

cas et dans quelle mesure les monuments hagiographiques nous révèlent l'existence d'un lien réel entre le polythéisme et une manifestation publique et régulière de la piété chrétienne.

§ II. — Le culte des saints et le culte des héros. — Centre du culte des héros. — Translations solennelles. — Eeliques. — Coïncidences fortuites.

Le débat est tout d'abord porté sur un vaste terrain, car c'est le culte des saints lui-même que l'on dénonce comme une prolongation du paganisme idolâtrique. A ses premières origines, on en convient, la religion du Christ se garde pure de tout mélange et repousse tout ce qui eût pu obscurcir la notion du Dieu unique. Mais lorsque ses fidèles cessèrent d'être une élite et qu'elle fut, pour ainsi dire, débordée par la foule, l'église dut se relâcher de sa sévérité, céder aux instincts de la multitude et accorder quelque chose aux idées polythéistes, qui ne cessaient de fermenter dans le cerveau populaire.

Par l'introduction du culte des^saints, elle ouvrit les barrières à un courant païen des mieux caractérisés, H n'y a pas de diflférence essentielle, en eflfet, entre les saints de l'église et les héros du polythéisme grec. Incontestablement, les deux cultes se ressemblent dans leurs manifestations ; mais ils s'identifient par leur esprit même, et nous sommes bien ici en présence d'un cas de survivance païenne ^ Telle est

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