Christianorum quoque religio habebat atque habet suos
la thèse que Ton développe avec complaisance.
Nous ne pouvons négliger les détails du parallèle» Bien n'est plus instructif, ne fàt-ce que pour apprécier la portée exacte de certaines légendes hagiographiques ^
Les héros, chez les Grecs, sont des mortels supérieurs au vulgaire par les dons qu'ils ont reçus de» dieux. Etres privilégiés, tenant le milieu entre la nature divine et la nature humaine, ils disposent d'une partie de la puissance des immortels et il leur est donné d'intervenir efficacement dans les affaires humaines.
Ces héros, fils mortels de quelque divinité, grands guerriers, bienfaiteurs de l'humanité ou premiers chefs des peuples, étaient spécialement honorés dans la cité à laquelle les rattachaient leur origiae ou leurs exploits. Ils en étaient les protecteurs ou les patrons. Chaque contrée, chaque vUle avait les siens, auxquels elle élevait des monuments et que le peuple^ invoquait dans ses prières.
semideos, buos heroas ; sanotos scilioet marfcyresque. » L. Deub- NEB, De Incubatione, p. 57. — c Die Heiligen der christliohen Kir-^ chen, yor allem die der griechisohen Kirche, stellen die gerade Fortentwioklung des grieohisohen Heroenkults dar. Die Heiligo siad die Heroen der Antike. » G. WoBBEBMiif , BdigionsgeachichU liche Studien, Berlin, 1896, p. 18. Cf. E. Maass, Orpheus, Mûnchen, 1895, p. 244.
1. Sur le culte des héros, lire F.-A. Ukebt, Veber Dàmoneny Heroen imd Qenien, dans Abhandlungen der k. sàchsischen Q-eseUschaft der Wissenschaften^ t. I, p. 138-219 ; Pbelleb, Griechtsche Mythologie^t,!!] W. Schmidt, Der Atticismus, t. IV, Stuttgart^ 1896, p. 572, et surtout F. Deiteken, Héros, dans Eoscheb, Lexikon der griechiachen und rômischen Mythologie, t. I, col. 2441-2589.
Réminiscences et survivances païennes, 183
Le centre du culte d'un héros était son tombeau, pca*foi3 placé au milieu de l'agora, centre de la vie publique. Il est, le plus souvent, abrité par une construction, sorte de chapelle appelée inp(^ov. Un grand nombre de tombes de héros ornaient les temples célèbres, comme les tombeaux des saints honorés dans nos églises ^
Lorsqu'on ne possède point les restes mortels d'un héros, on lui élève un cénotaphe. Mais rien n'est négligé pour passer de la fiction à la réalité ; car on a foi dans la puissance de ses ossements et de ses cendres, et lorsqu'on croit avoir découvert le trésor qui doit être pour la cité une sauvegarde, on s'en empare pour le transporter en grande pompe, avec des cérémonies qui font penser à nos grandes translations de reliques *.
Le récit le plus célèbre d'une de ces translations païennes est celui du transfert des reliques de Thésée à Athènes ^, sous l'archontat d'Apséphion (469). Le héros reposait dans l'île de Scyros, mais le lieu de son tombeau était soigneusement dissimulé par les habitants de l'île. Un oracle arriva d'abord de Delphes, recommandant aux Athéniens d'aller prendre les os de Thésée et de les garder dans leur ville avec les honneurs qui lui étaient dus. Cimon, fils de Miltiade,
1. Sur cette question spéciale, voir K. Th. Ptl, Die griechischen EundbauteUf Greifswald, 1861, p. 67 et suiy.
2. LoBBCK, AglaophamuSi p. 280 ; Bohde, Psyché, 1. 1, p. 161-163.