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In gloria confesaorum^ ii

Réminiscences et survivances païennes. 193

céleste. Mais sa prédication resta sans effet. Alors, par l'inspiration de Dieu, il construisit sur le bord du lac une église en l'honneur de saint Hilaire de Poitiers, y plaça des reliques du saint et recommença ses exhortations. Cette fois, elles furent écoutées. Le lac fut délaissé et ce que Ton avait coutume d'y jeter fut porté à la basilique. Et la tempête ne sévit plus en ce lieu au jour de la fête, désormais consacrée à Dieu .

Dans les cas que nous venons de citer, nous voyons que l'église ne s'empare point des lieux de culte, mais qu'elle cherche à les ruiner par la concurrence. Lorsque les temples furent délaissés sans retour, elle n'eut garde d'abandonner à des usages profanes des sites le plus souvent merveilleusement choisis, et elle les consacra au vrai Dieu quand les circonstances le permirent.

On a raconté bien des fois la liquidation des biens du paganisme vaincu, et on a pu, notamment, dresser de longues listes des églises élevées sur les soubassements des temples païens, ou construites avec leurs matériaux, ou simplement installées dans Tancien édifice ^. Les exemples classiques de cette der-

1. Nous sommes moins bien renseignés sur la substitution qui s'opéra au mont Gargan. Mais il y a longtemps que l'on a reconnu dans la légende du sanctuaire les échos de Poracle de Calohas qui rendait ces lieux célèbres. Voir, par exemple, F. Lb- KOBMAKT, A travers VApidie et la Lucanie^ 1. 1, Paris, 1883, p. 61 ; Gt. GoTHEiN, Die CtUturentwicklung Sud-Italiens, Breslau, 1886, p. 67-75.

2. Mabanooki, Délie cose gentilesche e profane trasportate ad uso e

nière catégorie, sont le Panthéon, à Rome, le Parthénon, à Athènes.

On n^a pas conservé aussi exactement le souvenir de la destination primitive de beaucoup d'autres temples moins illustres, remplacés plus tard par des églises. Quelques érudits ont imaginé une théorie ingénieuse pour suppléer, dans beaucoup de cas, au silence de l'histoire. Pour avoir constaté parfois quelque analogie entre le vocable chrétien des temples transformés et leur ancien titre, ils ont cru pouvoir attribuer à l'église un système de christianisation des sanctuaires païens témoignant de bien grands ménagements à l'égard des nouveaux convertis. Afin de leur laisser l'illusion de ne pas rompre complètement avec leur passé, on aurait placé les églises nouvelles sous le patronage des saints, dont le nom ou la légende rappelait la divinité honorée au même lieu.

Voici à Eleusis une église de Saint-Démétrius sur l'emplacement du temple de Déméter ; c'est le nom de la déesse à peine modifié. Il y avait là aussi, il est vrai, une église de Saint-Georges. Mais c'est encore Déméter, la déesse de l'agriculture, qui se cache sous le nom du « saint Agriculteur » Tecopyioç ^ Ailleurs, saint Georges a remplacé Thésée ou Hercule ; mais

adomamento deUe chiese, Roma, 1744, p. 256-287; L. Petit »■ JxjLiiEViLLB, Becherches swr Vemplacement et le vocable des églises chrétiennes en Grèce^ à^a,n^ Archives des missions scientifiques, 2* série, t. V, Paris, 1868, p. 469-533 ; P. Allakd, Uart païen sous les empereurs chrétiens, Paris, 1874, p. 259-298.

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