Petit de Julle ville, op. cit., p
Réminiscences et survivances païennes. 195
alors c'est comme dompteur des monstres qu'il s'est substitué au vainqueur du Minotaure ou au vainqueur de l'hydre de Leme ^ Ainsi, que l'analogie soit phonétique ou qu'elle soit symbolique, les archéologues s'en tireront toujours, et n'auront pas de peine à signaler quelque ressemblance entre les nouveaux titulaires et les anciens.
Il leur est plus difficile de prouver que ces ressemblances ont été généralement cherchées, et la démonstration est à fournir lorsqu'on veut remonter du nom du saint à celui du dieu qu'il a remplacé. Il y aurait évidemment de précieux indices topographiques à recueillir par ce procédé. Mais son efficacité est purement illusoire, et si quelques critiques en ont étrangement abusé, d'autres ont manifesté leurs justes défiances.
Là où nous avons pu constater historiquement l'action de l'église, favorisant le culte d'un saint pour déraciner un culte superstitieux, nous n'avons trouvé à relever aucun lien apparent ni entre le nom ni entre la légende du saint et ceux de la divinité païenne qu'il a supplantée. Eappelons-nous l'évêque martyr Babylas opposé à Apollon, Cyr et Jean, l'un soldat, l'autre moine, introduits à Menouthis pour combattre l'oracle de la déesse ; Hilaire de Poitiers, confesseur pontife, écartant la foule des bords d'un lac sacré.
Je ne veux point nier que parfois la dévotion populaire se soit laissé imprégner en certains