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Petit de Jxjlle ville, op, cit,, p

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endroits du souvenir encore vivant des anciennes superstitions, et qu'elle ait souvent profondément modifié la physionomie de certains saints ; que, par exemple, les saints Cyr et Jean aient fini par devenir des types de saints guérisseurs, de médecins désintéressés, comme Cosme etDamien; que ce dernier groupe — dont l'origine et la véritable histoire se déroberont probablement toujours aux recherches — ait pris, dans l'imagination populaire, une forme nouvelle et définitive de génies secourables à l'humanité à l'instar des Dioscures ^ Mais, en se tenant sur le terrain des faits, rien n'autorise à dire que l'église ait pratiqué systématiquement ces transpositions de noms qui laissaient subsister la chose, et il est même fort invraisemblable qu'à l'origine elle se soit prêtée à de si dangereuses équivoques.

Quelques exemples sont nécessaires pour mettre en garde contre la théorie séduisante que nous avons rappelée. Voici, par exemple, saint Elie, dont on rencontre, en Grèce, une foule de chapelles au sommet des montagnes et des collines. On a admis qu'Elie y remplace ordinairement son homonyme Hélios, le dieu du soleil ^. L'assimilation est spé-

1. Les païens faisaient le rapprochement, oomme il résulte de plusieurs textes des miracles des saints Cosme et Damien. On les trouvera réunis dans Deubner, De incubatione, p. 77, M. B. Harris qui a essayé de retrouver un peu partout, dans la littérature hagiographique, des répliques de Castor et Pollux, a précisément oublié Cosme et Damien.

2. C. V^ACHSMUTH, Dos dite Ghriechenland im vieuen, Bonn, 1864, p. 23 ; Petit de Julle ville, op. cit. y p. 505-506.

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cieuse : mais elle ne tient pas devant les faits. Ce n'est point sur les hauteurs de la Grèce que l'on a surtout signalé les sanctuaires d'Hélios. Ajoutez que le culte du soleil finit par s'absorber presque complètement dans celui d'Apollon, ce qui rend peu vraisemblable le jeu de mots qui aurait fait surgir tant de chapelles de saint Elie. L'histoire du prophète, telle que la raconte la Bible, son enlèvement au ciel dans un char de feu, son apparition aux côtés du Christ transfiguré « en faisaient le patron naturel des lieux élevés » ^.11 est assez probable que l'invocation de saint Elie a été substituée, en beaucoup d'endroits, à celle d'une divinité païenne. Rien ne prouve que cette divinité fût Hélios.

D'ailleurs, pour que l'on pût tirer parti des vocables, il faudrait qu'ils fussent primitifs et remontassent à l'époque où la destination des sanctuaires a été changée. Or, plusieurs d'entre eux sont évidemment de date plus récente.

A Athènes, par exemple, on constate que l'église de Sainte-Paraskévé s'élève sur l'emplacement du Pompeion, édifice destiné à l'organisation des processions religieuses ^^ comme dit Pausanias : h TtapaGxevT^v ècn rwv TrofXTrwv 3. Comment n'y aurait-il pas de relations entre sainte napacxeuyi, titulaire de l'église, et la préparation, iTapa(Txeu>î, des cortèges qui

1. F. Lekormant, Monographie de la voie sacrée Éleusvnienne, Paris, 1864, p. 452.

2. Petit de Julleville, op. cit., p. 488, 514; A, Mommsen, Athenae chriatianae, p. 89.

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