ORIGINE DB LA LÉGENDE THEBAINE IJ
conserver, dans les diverses régions qu'avaient remuées les convulsions thébaines et les invasions des Argiens. A Thèbes, à Argos, les souvenirs en sont naturellement plus nombreux; mais on en retrouve aussi à Mégare (Paus. I, 43, 1), à Sicyone (Athén., XIII, 6o3. A) (i), à Gorinthe et en Phocide. C'est à ces légendes particulières sans doute que Pindare s'abandonne quand il s'écarte de la légende ordinaire^ (les Thébains concédant la sépulture aux Sept {Ol. VI, i5 sqq.), Adrastos fondant les Jeux Néméens alors qa'il est roi de Sicyone). De là aussi viennent les traditions différentes rapportées par les poètes tragiques, comme nous le Terrons plus tard. Il s'agit maintenant de dégager aussi clairement que nous le pourrons les rares parties certaines des premières épopées.
(1) Je fais allusion à ce mot : Ilpà^tXXa t] Sixutov^a uirb Ato; 97]<rlv àpnaffOiivai tov Xpuq^tTticov. Walckenaer voyait une faute dans le mot Aibc, et proposait Aaibu. Depuis, Wilamowitz {Comm. gramm. II, 13) a démontré que Texemplaire grec d'Hygin (le faux Dosithée) donnait la même version qu'Athénée et Praxilla. Il en conclut que cette version était très ancienne, antérieure à VŒdipodie^ et qu'elle fut changée précisément par l'auteur de VŒdipodiey qui voulait flétrir les instincts détmuchés des Doriens conquérants de la Béotie {De trag. graec, fragm. commentatio, 11). Mais cette version parait plus récente et de l'âge même de Praxilla (vi"« s.), qui, comme tous les lyriques, ne s'est pas fait faute d'altérer la légende. Du reste le passage de Pindare (01. I, 25 sqq.) qui parait à W. une confirmation de son hypothèse prouverait bien plutôt contre elle.
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