‹ Les légendes thébaines dans l'épopée et la tragédie grecquesChapitre 12 sur 39 · LES POÈMES DU CYCLE THÉBAIN · texte numérisé non relu

LES POÈMES DU CYCLE THÉBAIN

10 L'Œdipodie. — Parmi ces poèmes, un seul n'a donné lieu à aucune contestation, quant à son nom du moins. C'est ÏŒdipodie, Le sujet en est évidemment l'histoire d 'Œdipe, de sa naissance à sa mort. Sa date approximative est fort

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douteuse, ainsi que son origine. L'inscription Borgia Tattribue à KinéthoUy probablement Kinéthon de Lacédémone, que Welcker (Z). Ep. C, 1, ^4^^ sqq.) a eu tort de confondre avec Kinéthos de Ghio (cf. MarkschefTel, Hesiod. fragm. 245 sqq. ; W. Christ, Zur CAr. Si^note i). Pausanias(IX, 5, 11) dit simplement : Fauteur de YŒdipodie; le se. Monac. ad Eurip, Phœn. 156, dit : les auteuus. — E. Bethe (op. cit. i4o-5), d'après son contenu (qu'il tire du Pseudo-Pisandros), le dit Béotien et le croit contemporain des invasions doriennes en Béotie, sans plus préciser la date ; mais nous verrons que le poème reconstruit par Bethe est très dilférent de celui qu'on attribue à Kinéthon. C'est sans doute une œuvre de I l'école béotienne (i), un mélange de traditions d'origine et ' d'âge divers , datant du milieu ou de la fin du viii« siècle I environ.

20 La Thébaïde. — L'accord est loin d'exister sur ce poème, à cause bien entendu de l'incertitude de son contenu, mais aussi à cause des noms divers que lui ont donnés les scoliastes et les mythographes anciens. Il y a un poème en effet, — ou plusieurs poèmes, — qu'on désigne sous le nom de :

1° Thebaîs Tab. Borgiaca, ligne 11.

Pausan. VIII, a5, 8; IX, 9, 5; IX, 18, 6.

Apd. I, 8, 4, I-

Gertam. Hom, et Hes. p. 19, éd. Nietzsche.

Se. Laurent, ad ApolL Rhod,, I, 3o8.

2° Thebaîs cyclica. Athénée, XI, p. 465 F.

Se. Laur. ad Œdip, Col. iSjS.

Se. Pind. 01. VI, i5 (d'après Asclépiade).

Eustathe ad Odyss. XI, 279, p. 1684, 7.

(1) Elle n'a jamais été attribuée nommément à Homère comme la Thébaïde ou les Épigones. Welcker (1, 231) •— à rencontre de Bethe qui en fait un poème indépendant — croit qu'elle est à la Thébaïde ce que les Chants Cypriens sont à l'Iliade, une introduction, un raccord voulu. Cela est fort possible, mais il en reste trop peu de fragments pour porter un jugement sûr.

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3^ Thbbaïs [itxpà. Se. ad Œd. Col. iSôg ( Welcker, I,

19a, croit à nue faute d^impression, et lit xuxXixa.

4^ 'Au^iapàou êÇeXaafa, Ps. Herod. § 9.

— E^éXaatç, Suidas, ''0(i7|poç.

Welcker à pensé que ces quatre noms désignaient un seul poème (I, 187 sqq. ; II, 3ao sqq,). E. Bethe croit à l'existence de deux poèmes, Fun spécialement consacré à Amphiaraos, quMl appelle Amphiaraos Ausfahrt (sans d'ailleurs tenir au titre; o/>. cit, 60, n. ao); l'autre qui ne faisait qu un avec les Épigones et qu'il appelle ©Tfjêaîç-'ETc^Yovot. Nous essayerons de faire voir la fragilité des arguments de Bethe, en étudiant les fragments de l'épopée ; il suffit de dire en ce moment que la variété des titres ne prouve nullement la variété des poèmes. La Thébaide cyclique ne peut être que la Thébaide même reçue dans le cycle de Zénodote d'Éphèse (Welck. 1, 8 sqq. et 35). La Petite Thébaide (si tant est que le scoliaste ait écrit petite) (i) est encore le même poème \ que celte épithète oppose à la longue Thébaide d'Antimaque (O. Gruppe, Jahresb,,UI, 1894, 96 sqq.). On en peut dire autant de l'expédition d' Amphiaraos, titre qui s'explique par le rôle très important que joua Amphiaraos dans la i'* guerre contre Thèbes, et dans l'épopée même appelée Thébaide (a). Du reste, si Texpédition d' Amphiaraos et la Thébaide sont deux poèmes différents, comment se fait-il qu'ils ne soient pas attribués tous les deux nommément à Homère? Nous avons vu en effet que les auteurs qui attribuent à Homère la

(1) Mais il ne l'a sans doute pas fait. Cf. Leutsch, Theh, cycL reliquiae^ Gottingue, 1830, 3-5.

(2) Ce titre ('A1JL9. èÇéXavt;), plus juste peut-être que celui de Théba/ide (comme Achillëide ou Colère d'Achille, serait plus juste que Iliade), a pu exister à l'origine, puis tomber en désuétude quand on s'accoutuma à désigner, sous le nom de Thébaide, la Thébaide proprement dite et les Épigones. Cette coutume ne pouvait en tout cas manquer de s'implanter après l'ap-^ parition de la Thébaide d'Antimaque qui célébrait les deux expéditions.

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Thébaide ne lui attribuent pas Texpëdition d'Amphiaraos, et réciproquement. A cet argument de Welcker (cjp. cit. 189, note 3i5) Bethe ne répond pas du tout (op. cit, 4^, note ai).

Le pseudo-Hérodote ( Vita Hom. § 9) dit qu'Homère est l'auteur de ce poème : de même le poète lyrique Kallinos (Paus. IX, 9, 5, cf. Welcker, I, i85), Proklos, et Tzetzès (Se. €ui Exeg, lUad., i5o). Hérodote (IV, 3a) a des doutes, ainsi que Pausanias (JLoc, cit.) et Suidas (art. ''OfXTjpoç). Welcker, dans une reconstitution très conjecturale (i) de la Table Borgiaque (I, 33), lit que Tautenr de la Thébaide est Arktinos de Milet. Un certain nombre (Apd. I, 8, 4» i> Athénée, XI, p. 4^5 E) disent : celui qui a écrit ; d'antres (Se. Laur. ad Ap, Rh. I, 3o8) : ceux qui ont écrit (a).

Le Pseudo-Hérodote déclare que la Thébaide fut composée à Néon-Teichos : il paraît en effet certain qu'elle est originaire de l'Asie Mineure, mais plutôt des provinces ioniennes (quoique quelques-uns aient prétendu jadis qu'elle était de l'Argolide même et que Nietzche, Hist. Hom. II, i5, n'ose pas décider); peut-être sortait-elle des environs de Klaros et de Kolophon, comme le dit Bethe (op. cit. i46) sans d'ailleurs en donner de bonnes raisons, d'autant que sa pi'euve s'appuie sur les Epigones qu'il confond avec la Thébaide.

3° Les Epigones. — Les Epigones sont cités : i® dans le Cert Hom. et Hes. (p. 19, éd. Nietzsche) qui cite aussi le V vers de ce poème attribué par le Se. de la Paix, 1270, aux Epigones d'Antimaque (!); a" dans Hérodote (IV, 3a).

(1) Une reconstitation non moins conjecturale a été tentée par Wilamowitz {Hom. Unters. 334). Wil. lit : Œdipodie de Kinaethon le Lacédém.

Thébaide d'Homère . . . Epigones le Milésien Alkméonide que

les uns disent d'Homère,.... les autres. . . disent. .

(2) Dans Suidas (cf. Photius, Lexic. Tsuixeirva) on lit aussi o\ xk 67)6àïxa YSYpa^dTsç, mais ces mots désignent des historiens, comme Aristodémos. Welcker (I, 1945) croit qu'il en est de même ici. Ce n'est pas probable : Le Scoliaste d'Apollonios prend ici la Thébaide au sens large en lui adjoignant les Epigones (cf. Pàus. IX, 9, lin, et Leutscli, Thèses sexaginta (1833) n« 15.)

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