‹ Les légendes thébaines dans l'épopée et la tragédie grecquesChapitre 24 sur 39 · LES EPIGONES · texte numérisé non relu

LES EPIGONES

a) Rapports entre les «Épigones» et l' «Alkméonide »

Que les Épigones aient été pour ainsi dire calqués sur la Thébaide, mais qu'ils aient modifié et précisé, selon les idées de l'époque où ils furent composés, certains détails de la grande épopée qu'ils contenaient, rien ne le prouve d'une façon certaine puisqu'il ne nous en reste rien, mais beaucoup d'indices nous permettent de le croire.

Selon l'auteur du Certamen Homeri et Hesiodi (Édit. Nietzsche, p. 19 sqq.), les Epigones avaient exactement le

ga LES EPIGONBS ET L ALKMEONIDB

même nombre de vers que la Thébaïde(i). Le premier vers du poème rappelait à dessein l'épopée antérieure. (Et maintenant, Muses, chantons des guerriers plus jeunes) (a). Les enfants des Sept, ou plutôt des princes, quelque nombreux qu'ils fussent, de la première expédition — étaient les chefs de cette nouvelle guerre. Ils combattirent à Glisas avant d'assiéger Thèbes, comme leurs pères avaient combattu sur risménos (3). De ces ressemblances indiscutables on pourra déduire d'autres épisodes peut-être et les principales différences entre les Épigones et VAlkméonide dans leur partie commune. Mais on ne peut pas entrer dans les détails, ni prétendre à beaucoup de certitude : les documents anciens sont trop peu nombreux.

Bethe (109-120) a bien vu la part probable des Épigones et de ïAlkméonide dans les souvenirs des mythographes sur le second siège de Thèbes. Il semble hors de doute que deux versions ont existé : on les distingue à deux signes principaux.

i» Selon plusieurs auteurs (Eur. Suppl. 1216 ; Se. Il, IV, 4o4), Aegialeus, fils d'Adrastos est chef des Argiens, comme l'avait été son père dans la première expédition.

Selon d'autres (Apd. III, 7-21 et Diodore, IV, 66-1), c'est

(1) 7000. Welcker (II, 376) a nié ce chiffre et a lu : sept chants. Il s'est môme efforcé de reconstituer la Thébaïde et les Épigones chant par chant : c'est une fantaisie qu'il nous est impossible d'imiter.

(2) J'ai déjà dit (p. 22) que ce premier vers est un des arguments de Bethe en faveur de sa thèse Thebaïs-Épigones. Pourquoi ce comparatif, dit-il {op. cit. 37 sqq.), sinon pour mettre en opposition les Épigones avec leurs pères? Mais (cf. 0. Gruppe, Jahresb., 1894, III, 97) le comparatif et le mot auTs peuvent très bien indiquer la relation du second poème avec le premier (et ils l'indiquent même certainement), sans pour cela prouver que les deux poèmes n'en font qu'un. Ainsi l'hymne homérique el; "HXtov a dans son premier vers aurs; cela prouve que l'auteur a chanté déjà Hélios, mais le second hymne (XXXI) est cependant distinct du premier.

(3) De même si Adrastos seul perd à cette guerre son fils Aegialeus, c'est parce que lui seul a échappé dans la première expédition : une sorte d'équilibre est ainsi rétabli.

LES épiooNes et l'alkméonide 93

Alkméon, fils d*Amphiaraos, qui est chef. Pausanias ne nomme pas le chef principal : il dit que, selon la tradition des Mégariens, Adrastos assistait à la guerre, et mourut au retour (I, 43-i)- A un endroit (II, 20, 5) citant le nom des Épigones et leurs statues à Argos, il nomme le premier Aegialeus ; à un autre (X, io-4) il nomme en tête Sthénélos et Alkméon : les deux groupes de statues, Tun à Argos, l'autre à Delphes sont d'origine argienne (i). De Pindare (Pyth. VIII, 46) on ne peut tirer d'indication sur ce point.

2° Dans le combat qui précède le siège (les uns disent à Glisas, les autres (Diod. IV, 664) ^^ nomment pas l'endroit), Laodamas, qui a tué Aegialeus, est vaincu et s'enfuit avec un groupe de Thébains (Hellanikos, selon le Se. de Pind. P. VIII 68, Paus. IX, 5i3 et IX, 95, Hérod., IV, 61).

Selon d'autres (Apd. VII, 73), Laodamas est tué par Alkméon (Diod. IV, 66 sqq., ne dit rien de Laodamas) ; une partie de son armée s'enfuit (2).

(1) Bethe (110 sqq.) a fait état des diYergences dans les listes des Épigones pour prouver Texistence de deux versions. Il est certain que les poètes, les mythographes et les statuaires ne s'entendent pas plus sur les noms des Épigones que sur ceux des Sept. Mais cela tient sans doute à la même raison : il y avait un assez grand nombre de chefs dans les deux poèmes; leur chiffre ayant été plus tard réduit à Sept (huit pour les Épigones, car Amphiaraos est remplacé par ses deux fils), chacun a choisi arbitrairement sept noms dans les épopées. U est même arrivé plus tard que, pour mettre d'accord les tragiques, on citât plus de 7 noms ; c'est ainsi que Paus. a vu (II, 21, 5) les statues de onze Épigones (il donne à cet endroit trois fils à Polynice).

(2) Bethe, comme je l'ai dit, trouve une troisième preuve dans les di£[érences entre les listes des Épigones, et une quatrième dans ce fait que Pausanias (IX, 513, 86, 94) fait partir la troupe de Laodamas vers rillyrie (où étaient déjà des descendants de Kadmos. Cf. Hérod., V, 61) Mais Pausanias (IX, 8, 6) déclare que la moitié des compagnons de Laodamas se dirigèrent vers la Thessalie, où ils fondèrent Homolé. Or, toute cette région est semée de Thébains (Str., IX, 5). Il se peut donc que Paus. n'ait pas ici mêlé deux versions. En tout cas, l'argument est de peu de valeur, en ce qui concerne Épigones et Alkméonide. Quant à dire {op. dU 114, note 11) que la ville d'Histiaeôtis en Eubée n'avait

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