IL — LES LYRIQUES
Nous avons vu (p. ai) qu'au témoignage de Pausanias (IX, 9, 5) Kallinos d'Ephèse qui composait ses élégies au commencement du vii^ s. parlait de la Thébàide cyclique, et l'attribuait à Homère. C'est même l'indication la plus sûre pour fixer la date du poème ; mais Kallinos n'a laissé aucun détail ; Mimnerme de Kolophon (i) (né vers 63^),
rieure avait dû célébrer Antlope et ses fils, autochtones et véritables fondateurs de Thèbes, avant Kadmos (cf. Od. XI, 263).
Apd. (III 55) et Hygin (8) ont raconté l'histoire d'Ântiope, mais en y ajoutant des détails tirés évidemment de la pièce d'Euripide (Nauck, Tr. gr, fragnu »).
(1) La Thébàide est citée par Kallinos d*Éphèse; un fragment se rapportant à la guerre thébaine nous vient de Mimnerme de Kolophon. Une Thébàide a été écrite par Antimaque de Kolophon, Cette réunion de trois noms du même pays pour un même sujet a suffi à G. Robert [Bild und Lied, 22) pour croire que la Thébàide a été composée à Kolophon. Bethe a accepté d'enthousiasme cette hypothèse qu'il essaie de renforcer en attribuant la Thébàide à Antimaque de Téos, op, cit, 35, mais ce sont là d'insuffisantes preuves. Cf. 0. Gruppe, Jahresb. 18d4, III, 100.
DE l'épopbb aux tragiques ii5
nous donne un renseignement sur la guerre de Thèbes : selon lui Isméné conversant avec Théoklyménos (G. Robert, Bild und Lied, ai note — propose de lire Périklyménos), avait été tuée par Tydeus sur Tordre d*Athéné (i). Mais rien ne prouve qu*il eût emprunté ce détail à la Thébaïde (cf. p. 73 et note i)
Athénée (II, 365, Ed. Teubner) nous a conservé deux vers de Simonide de Géos (556-468), deux vers touchant évidemment aux Jeux Néméens et à l'expédition des Sept : (( Entre autres choses, écrit Athénée, il a dit d'Archémoros :
(EùpuStxaç ?) (a) b(TT£^àvou yXuxetav èSctxpuaav ^^yày aTuoTcvéovTa Ya^otÔTjvbv Ttxoç.
La mort d'Opheltès et la fondation des Jeux Néméens sont aussi célébrées dans une ode du neveu de Simonide, Bacchylide de Géos (VIII, i-aa, p. ^3, Éd. Blass.). .(( Accordez, Charités aux fuseaux d'or, un éclat persuasif à mes chants, et vous aussi, divin porte-parole des Muses aux paapières de violette. Je chante et Phlionte et la fertile plaine de Zeus Néméen où Héra aux bras blancs nourrissait un lion ravageur de troupeaux, à la voix profonde, le premier des travaux si renommés d'Héraklès. Gar c'est là que les demidieux aux boucliers de pourpre (3), les premiers des Argiens pour la première fois, luttèrent en l'honneur d'Archémoros, que le dragon aux verts regards d'une force excessive, tua lorsqu'il cueillait des fleurs (4), indice de la mort à venir.
(1) Selon le même Scoliaste (Arg. Soph, Ànlig.), Ion de Chlos (vers 450) donnait une version différente. Antigone et Ismène avaient été brûlées (?) dans un temple par Laodamas. Bethe (op. cit, 27, note 38) Imagine que cet épisode peut bien être tiré de VŒdipodie, En réalité, il est impossible de savoir d'où il vient, de même que celui auquel fait allusion Mimnerme.
(2) Bergk [Lyr. gr,, fr, 52), a restitué le nom probable dTurydiké, femme de Lykourgos.
(3) Texte controversé.
(4) dtcoTevovTa corr. de Jebb.
Il6 DB L*iPOPÉE AUX TRAGIQUES
O force dti destin! Il ne les persuada pas, TCEklide, de retourner en arrière vers leoi*s villes peuplées. L'espérance dérobe aux hommes leur bon sens (i) : c'est elle qui alors envoyait à Thèbes Adrastos le Talalonide, hôte de Polynrae exilé (2). »
Je ne cite que pour mémoire un passage obscur an scoliaste des Oiseaux d'Aristophane (v. i536. Blades, pars 4'» p. 4^)9 d*o^ ^ parait résulter que, selon Bacchylide, Athéna voulait oflrir Fimmortalité à Tydeus : c'est une allusion à la mort de Tydeus et de Mélanippos (cf. page 78).
Mais avant Bacchylide, avant Simonide lui-même, un poète illustre dans Tantiquité, auteur d'hymnes héroïques qui ont exercé une grande influence sur les tragiques, Stésichore, né vers 640 et mort vers 55o, avait imprimé une marque puissante — n'en doutons pas — sur une partie au moins des légendes thébaines.
Un des poèmes lyriques de Stésichore, « ce second Homère » (Antipater, Anth. PaL, VU, jS) avait pour titre Ériphylé, Qu'il y fut question du rôle joué par la femme d'Amphiaraos avant la première expédition thébaine, rien n'est plus clair ; mais soit que le poète eût décrit en traits rapides l'expédition tout entière^ soit que dans une revue des héros qui y devaient prendre part, il marquât fortement le caractère et la destinée de chacun, toujours est-il qu'il montrait Kapaneus et Lykourgos (3) ressuscites par Aisklépios (Apd. III, 10). Sans rechercher, faute d'indications, ce
(1) Texte controversé.
(2) D'après la correct, de Blass. C'est dans Simonide que nous voyons nettement — pour la première fois — l'épisode des Jeux Nôméens et d'Hypsipyié — lié à l'épopée thébaine. Nous avons vu (p. 71 sqq.) qu'on ne saurait, sans quelque risque d'erreur, attribuer la fondation de ces Jeux à la Ttiébaïde. Pindare suit Simonide, comme nous le verrons tout à l'heure. Simonide (Bergli, fr. 205) fait aussi allusion à la lutte que les Lemniennes soutinrent alors contre les Argonautes.
(3) 11 est fort possible que ce Lykourgos soit un fils de Pronax, et un des chefs de l'expédition contre Thèbes (Voir p. 71, note 1).