CHAPITRE VI
Les Épopées thébaines et les Tragiques
Les derniers lyriques sont contemporains des grands tragiques grecs, Bacchylide même est plus jeune qu'Eschyle d'une vingtaine d'années, et les Odes dePindare sont, à peu d'années près, de la même date que la tragédie des Sept contre Thèbes (467). A cette époque la légende thébaine a déjà subi, nous l'avons vu, des changements profonds. Les chants primitifs éclos dans toute la Grèce centrale ont été fondus ensemble et altérés par le poète de la Thébaîde, puis pdLTYaLuXeuv deV Œdipodicj parles Épigones eXVAlkméonide. Malgré la renommée de ces poèmes, du premier surtout, les versions locales ont subsisté, un peu modifiées peut-être; d'autres poètes épiques s'en sont emparés; les auteurs de généalogies, les poètes didactiques, les lyriques les ont à leur tour accueilUes et transformées encore. Les logographes, devant un amas de traditions différentes ou contradictoires, ont fait leur choix, tantôt au hasard sans doute, tantôt sous des influences locales ou selon des préoccupations rationalistes. Les artistes enfin, s'inspirant librement des vieux poèmes, ont reproduit mais modifié, comme il est naturel, quelques-unes des légendes les plus connues. Voici très brièvement ramassée, d'après les études qui précédent, la matière riche et variée sur laquelle vont pouvoir s'exercer lés Tragiques.